Les salariés de TotalEnergies ont bloqué jeudi les expéditions de carburants des sites de production de Normandie, près du Havre, de Donges (Loire-Atlantique) et dans la bio-raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), selon la CGT, qui appelle à faire grève pour l'emploi et les salaires.
Entre 50 et 60% des salariés de la partie raffinerie de ces sites se sont mis en grève pour l'après-midi et le début de soirée, a déclaré à l'AFP Éric Sellini, coordinateur CGT pour le groupe.
De son côté, la direction estime qu'il y a "2% de grévistes environ" sur les raffineries et indique que le groupe "continue à assurer les approvisionnements de son réseau de stations-service et de ses clients par ses différents moyens logistiques".
L'écart important entre les chiffres de la CGT et de la direction s'explique par les différences de périmètre retenu, la direction se basant sur l'ensemble des effectifs de quarts, alors que la CGT se base sur les effectifs "présents et nécessaires pour le fonctionnement de la raffinerie sur le quart concerné".
A Donges, "rien ne sort de la raffinerie", a assuré à l'AFP Sébastien Gélard, secrétaire général CGT du site, selon qui il y avait 52% de grévistes parmi les équipes de l'après-midi/début de soirée, contre 59% dans la matinée, où le chargement de deux bateaux n'a pas été interrompu.
A la raffinerie de Normandie, la CGT compte "62% de grévistes côté raffinerie, 75% côté pétrochimie", selon Alexis Antonioli, secrétaire général de la CGT TotalEnergies sur le site, qui assure que les expéditions de carburants par camions et par pipeline ont été bloquées.
Côté distribution, 29 stations-service de la filiale Argedis étaient fermées du fait de la grève dans l'après-midi, selon la CGT. La direction a compté "23 stations" affectées, sur les quelque 180 de la filiale et les 3.300 à l'échelle du groupe.
Ces stations concernées par le mouvement sont réparties dans toute la France, mais la Bretagne et la région parisienne sont plus particulièrement touchées, selon la CGT, qui indique que le mouvement pourrait y être reconduit vendredi.
La CGT Argedis réclame "une revalorisation des salaires" pour les salariés de stations "en première ligne" face à un "afflux de clients".
Cette grève, prévue pour l'instant pour durer 24 heures, intervient dans un contexte de difficultés logistiques liées à la guerre au Moyen-Orient et au plafonnement par le groupe des prix des carburants, qui a entraîné une ruée des automobilistes dans ses stations-service.
- Effectifs "sous tension" -
A la mi-journée, le mouvement a été rejoint par 16 usines de la filiale Hutchinson, spécialisée dans le caoutchouc et les joints pour l'industrie, selon la CGT.
D'une manière générale, la CGT évoque des effectifs "sous tension", avec des conséquences pour la sécurité, compte tenu de "départs non remplacés", et d'un "recours massif" à l'intérim, aux "CDD à répétition", et à la sous-traitance.
Le syndicat réclame notamment l'"embauche de tous les intérimaires" et que les postes vacants soient pourvus "par des CDI TotalEnergies".
Autre point de mécontentement, des salaires qui "stagnent et sont même rattrapés par le Smic dans les filiales du groupe".
L'appel à la grève a été maintenu malgré l'annonce par la direction du versement aux salariés d'une avance de 1.000 euros sur leur prime annuelle, dont le montant total doit être discuté en décembre, lors des négociations salariales annuelles.
La CGT réclame "200 euros mensuels" d'augmentation "pour toutes et tous" et la "mise en place d’un salaire de base minimum" pour tous les salariés "à hauteur de 1,2 Smic".
Le bénéfice net du groupe s'est élevé à 11,2 milliards de dollars (environ 10 milliards d'euros) au premier semestre, en progression de 73% sur un an.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP
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