Ce weekend en Californie, la firme Monsanto a été condamnée à indemniser l’équivalent de 250 millions d’euros à un jardinier atteint d’un cancer après avoir utilisé du glyphosate. Depuis, l'herbicide est sur toutes les lèvres. En 2019, il sera interdit à la vente pour les particuliers. Il devrait l'être pour les agriculteurs en 2021. 

Le Roundup est un herbicide controversé utilisé par de nombreux agriculteurs mais pas seulement. De nombreux jardiniers du dimanche s’en servent aussi. Et pour cause, le Roundup est vendu librement dans tout bon magasin de jardinage qui se respecte. Alors pourquoi ce produit est-il controversé ? Car c’est lui qui contient l'herbicide tristement célèbre nommé glyphosate.

De nombreuses études ayant démontré que le glyphosate était cancérigène, il pourrait être interdit en France en 2021 pour les agriculteurs. La vente aux particuliers ne sera en revanche, elle, plus autorisée à partir de 2019. En attendant, la loi oblige les magasins qui vendent du Roundup à ne pas laisser ce dernier en libre-service. Du moins en principe. Beaucoup de jardineries ne jouent en effet pas le jeu et les mises en garde que doivent obligatoirement fournir les vendeurs aux clients se révèlent souvent peu utiles. C’est le cas dans ce magasin d’Île de France par exemple, où le seul avertissement du vendeur à propos d’acheter du Roundup est : "Ça serait cancérigène… Enfin honnêtement, c’est surtout aux États-Unis où les agriculteurs en pulvérisent sur des hectares. Ils ont des machines énormes, et ils en aspergent 3 ou 4 fois par an sans être bien protégés". À la surprise générale, les clients n’ont que faire de cette mise en garde et font même des stocks de Roundup depuis qu’ils ont appris qu’ils ne pourraient plus en acheter à partir de 2019.

Pourtant une autre agriculture est possible, pour les jardiniers en herbe. Il faut soit beaucoup de temps comme Guy, jeune pousse à la main verte, qui arrache à la main toutes les mauvaises herbes, soit beaucoup d’ingéniosité comme Isabelle qui allie des combinaisons de plants pour repousser grignoteurs et autres nuisibles.

Quant à l’agriculture intensive, principale utilisatrice du Roundup, Christine Riba la secrétaire nationale de la confédération paysanne veut croire à un possible changement. Pour elle, la solution c’est de modifier le système dans sa globalité : "Avec les étendues immenses de certains agriculteurs, le Roundup est économiquement la situation la plus viable mais uniquement à cause de la configuration actuelle".

Pour l’instant, aucune proposition concrète n’a été faite quant à l’après-glyphosate. Il reste encore 3 ans au gouvernement et acteurs de l’agriculture, pour trouver une solution moins dangereuse pour la santé.

Propos recueillis par Cyprien Pézeril

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