Confinement au cas par cas: certains dénoncent un "deux poids, deux mesures"

Un confinement le week-end dans le Pas-de-Calais mais pas en région parisienne. Certains dénoncent deux poids, deux mesures dans la gestion territorialisée du gouvernement. Le Pas-de-Calais mis sous cloche, pourtant le département affiche le même taux d’incidence que la Seine-Saint-Denis: un peu plus de 400 cas pour 100 000 habitants. Des élus et habitants ont du mal à comprendre la décision du gouvernement.

Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la santé Olivier Véran. (Alain JOCARD / POOL / AFP)
Reportage Sud Radio de Clément Bargain

 

Pas de confinement le week-end en Ile-de-France: un soulagement pour Patricia, propriétaire d’un petit restaurant dans un parc à Montreuil. Elle va même rouvrir son établissement. "Un petit espace extérieur. Si on avait été confinés le week-end , ça veut dire que je n'aurais pas rouvert la vente à emporter. Là je suis contente, je vais pouvoir rouvrir. Du snacking, de la vente à emporter de boisson, des brochettes, des choses comme ça..." Rosa redoutait d’être enfermée le week-end dans son petit appartement. "J'ai pas de jardin. Je ne peux qu'ouvrir grand ma fenêtre. C'est criminel d'empêcher les gens de sortir, de prendre l'air..." Mais avec un taux d’incidence de plus de 400 cas pour 100.000 habitants, la situation sanitaire se dégrade en Seine-Saint-Denis. Amandine vit à Montreuil, elle constate dans son entourage "beaucoup plus de cas autour de moi ces derniers temps que l'année dernière, des décès proches etc. Personnellement je crains davantage maintenant, j'ai l'impression qu'on ne va pas dans le bon sens".  Certains habitants, comme Laura, auraient préféré des mesures plus restrictives. "Si c'est juste pour temporiser et rester sur des demi-mesures qui font juste diminuer notre qualité de vie, c'est un peu moins facile à accepter qu'un confinement plus strict avec la carotte à la fin de revivre une vie relativement normale". Mais il s'avère compliqué de confiner un seul département d’Île-de-France: il faudrait le faire sur l’ensemble de la région, soit 12 millions d’habitants.

 

Le maire du Touquet dénonce "l'incohérence de la politique du gouvernement sur ce point"

"C'est la double-peine, la vaccination a pris beaucoup de retard et qui plus est, on va être confinés. Qu'on accélère la vaccination des départements les plus touchés. Et suite, qu'on pose une règle claire, simple transparente et qu'on l'applique de la même façon sur l'ensemble du territoire national. Je ne vois pas pourquoi, alors que le taux d'incidence est le même en Seine-Saint-Denis,  le gouvernement n'a pas le courage de décider d'un confinement en Seine-Saint-Denis. C'est peut-être plus facile dans le Pas-de-Calais, mais avouez que c'est incompréhensible et c'est quelque-part un beau recul de La République ! C'est très mal vécu. Le Pas-de-Calais ne mérite pas d'être traité comme il est traité" - Daniel Fasquelle, le maire LR du Touquet

 

Soulagement et prudence dans les Bouches-du-Rhone

 

Le soulagement dans les Bouches du Rhône. Marseille ne sera pas reconfinée, mais le département reste placé sous surveillance renforcée. Même si la tendance est à la baisse, le taux d’incidence est toujours au dessus du seuil d’alerte. 322 cas pour 100.000 habitants. Alors pas question de baisser la garde à quelques jours de la rentrée: une opération de dépistage est organisée dans la commune d’Allauch.

Reportage Sud Radio de Lionel Maillet

 

Retour de vacances à Allauch. Pour minimiser les risques, la petite commune de 22.000 habitants accolée à Marseille organise toute la journée une session de dépistage gratuit dans une salle municipale. "Il peut y avoir une période de relâchement qui paraît bien naturel pendant les périodes de vacances", constate le maire Lionel de Cala. "Pour limiter les risques, nous mettons donc ce dispositif à disposition de tous les habitants. Cela permet de tester massivement, et de limiter les risques de propagation du virus". Ne surtout pas baisser la garde: échapper au confinement, ce n’est qu’un sursis. "Cela peut changer du jour au lendemain, on peut ne pas être confinés ce week-end puis l'être le week-end prochain", selon Pierre Bremond qui préside l’association des commerçants. "On prévoit des évènements, on prépare un marché pour les fêtes de Pâques avec des forains et des artisans. On prévient tout le monde, mais on ne sait pas si on pourra le faire". En attendant on ne boude pas son plaisir ici aux pieds du Garlaban et des collines de Pagnol, un week end de liberté en plus c’est déjà ça. "Sortir, faire un peu ce qu'on veut avec les enfants, être libre, voir les enfants..." Pour ca, il faudra encore être patienter car les Bouches du Rhône restent au dessus du seuil d’alerte.

 

 "Ces tests, ce sont des équipes municipales avec les pompiers des Bouches-du-Rhône, qui accueillent sur rendez-vous ceux qui le souhaitent" - Lionel de Cala, maire d’Allauch