Un deuxième mineur est présenté vendredi à un juge d'instruction dans l'information judiciaire ouverte après la fusillade d'Aubagne, le 12 octobre, dans laquelle un autre adolescent, collégien de 14 ans, a blessé par balles un principal et une professeure, a appris l'AFP de source proche du dossier.
Ce mineur avait été placé en garde à vue mercredi après-midi. Il doit être interrogé ce vendredi par un juge d'instruction, qui décidera de sa mise en examen ou non.
L'information judiciaire doit déterminer son rôle présumé dans cette fusillade, où la justice antiterroriste fait un lien avec une mouvance, "True Crime Community", née en Amérique du Nord et fascinée par les tueries de masse.
Le 12 octobre, un jeune a pénétré dans son collège Lakanal, vers 9H20, dans les Bouches-du-Rhône. Il était "intégralement vêtu de noir et ganté", selon le parquet national antiterroriste. Dans un étui à guitare, il avait notamment dissimulé une arme à feu.
L'attaque a pris fin grâce à l'intervention du conseiller principal d'éducation, qui est parvenu à le "désarmer", souligne le Pnat.
Ce collégien-tireur a été mis en examen et écroué mercredi soir.
Des policiers devant le collège Joseph Lakanal à Aubagne le 12 octobre 2026
Miguel MEDINA - AFP
Au cœur du dossier, il y a l'exploitation des supports numériques saisis au cours de la perquisition réalisée à son domicile: les enquêteurs ont notamment mis au jour "l'utilisation par le mis en cause de nombreux comptes de réseaux sociaux sur Protonmail, Discord, Snapchat ou TikTok".
"L'un de ses comptes étant exclusivement dédié à la republication de contenus liés à cette communauté, d'une extrême violence et plus particulièrement relatifs aux tueries scolaires", selon le ministère public.
C'est le "plus jeune" mis en cause qui soit passé à l'acte dans les dossiers relevant de l'antiterroriste, a indiqué jeudi Olivier Christen, procureur national antiterroriste.
Globalement, la sphère TCC "est un point de préoccupation" mais constitue une menace "totalement marginale par rapport au reste de la menace terroriste", a poursuivi M. Christen: "la menace jihadiste représente à peu près 88% des procédures que nous avons, y compris pour les mineurs".
"Quelques dizaines" de jeunes en lien avec la mouvance "True Crime Community" sont surveillés par les services de sécurité, a de son côté indiqué vendredi le ministre de l'Intérieur. "C'est un phénomène qui monte en France", a expliqué Laurent Nuñez sur France 2.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP
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