Fillette voilée : la publicité Gap pourrait-elle sortir en France ?

Fillette voilée : la publicité Gap pourrait-elle sortir en France ?
Gap

Cet été, une publicité de la marque de vêtements américaine Gap a déclenché une  vive polémique et fait réagir les internautes sur les réseaux sociaux. En France, une telle publicité serait-elle possible ? Pour en débattre, Valérie Expert recevait dans son émission Loïc Chauveau, fondateur de l’agence publicitaire Brainstation et Corinne Pina, essayiste et cofondatrice de Vivre la République.

Suite à la parution de cette publicité aux États-Unis, un appel au boycott de la marque Gap a eu lieu, même en France. Est-ce qu’une publicité comme celle-ci pourrait exister en France ? « On voit les réactions que cela peut susciter ici, notamment chez les députés, quand bien même la campagne n’est pas encore sortie chez nous. Moi, ce qui me choque et me gêne est que l’on puisse aller chercher des enfants et en faire des artifices de communication », estime Loïc Chauveau. « Tout est calculé en matière de communication, il y a une volonté de mettre en scène une enfant avec un voile. Ce qui est gênant c’est qu’on le fait avec des enfants, et que l’on se sert du culte musulman sans qu’il n’y ait véritablement de message. C’est la recherche du buzz pour le buzz. »

De nombreux journalistes ont tenté d’avoir des réponses de la part de Gap sur ce sujet, en vain. N’est-ce pas contre-productif pour la marque ? « En général, ils font des prises de parole un peu coup de poing, qui permettent de faire parler, avant de faire la politique de l’autruche », explique Loïc Chauveau. « Benetton était fait avec beaucoup plus de finesse, il y avait une recherche créative, un message. »

Pour Céline Pina, la volonté de Gap est pourtant bel et bien de faire passer un message. « Effectivement, quand tout est calculé on est dans de la publicité. Donc, penser qu’il n’y a pas de messages derrière, c’est quand même extrêmement naïf. À travers cette mise en scène du voile, Gap essaie d’afficher son appartenance au camp du bien en essayant d’afficher une image positive. On est vraiment dans un voile qui devient pour la marque le symbole de l’ouverture à l’altérité. Accepter et promouvoir le voile devient une forme de tolérance », soutient-elle. « En revanche, ce qui est grave, c’est qu’il n’y a aucune question de posée sur la protection de l’enfance. Le voile a une signification qui est extrêmement forte, il n’est pas un simple vêtement. Il va poser politiquement le refus de l’égalité des droits entre l’homme et la femme, et fait intrinsèquement de la femme un être impur dont le corps en totalité ou en partie doit être caché. »

La suite du débat est à retrouver en écoutant le podcast intitulé : Médias : Anne-Elisabeth Blateau et David Mora (Scènes de Ménages)

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