Faute de lits aux urgences, les gens décèdent davantage

urgences
Une femme de 95 ans victime d'un AVC a passé plusieurs heures sur un brancard sans couverture à l'hôpital Lariboisière. AFP

Faute de lits aux urgences, les gens décèdent davantage. C'est une information que Sud Radio révèle ce matin. Selon le compteur mis en place par le syndicat Samu en France entre le 1er juillet et le 4 février, près de 16.500 patients ont passé une nuit entière sur un brancard. C'est le cas de Jeannine, 95 ans, victime d'un AVC la semaine dernière, qui a passé plusieurs heures un jour de neige sur un brancard sans couverture à l'hôpital Lariboisière, là même où une femme est décédée, oubliée aux urgences en décembre dernier. Mathilde Choin de Sud Radio est allée à la rencontre de médecins, qui s'alarment d'une telle pénurie de lits.

"Pour lui éviter 6 à 8 heures d'attente aux urgences, vous passez trois quarts d'heure au téléphone"

Aucune place disponible en réanimation en Seine-Saint-Denis il y a deux jours. Résultat : un patient est envoyé à plus de 35 kilomètres de chez lui pour être pris en charge. Un exemple loin d'être isolé selon le porte-parole des Médecins urgentistes de France, Christophe Prudhomme : "récemment, on a hospitalisé des patients âgés qui nécessitaient un lit de médecine dans des lits de gynécologie".

Un problème qui empiète jusque dans les cabinets. Sylvain Hirsch, médecin généraliste à Paris, a été obligé à deux reprises en début de semaine dernière de remuer ciel et terre pour trouver des lits à deux de ses patients. Comme pour cet homme de 70 ans avec des risques cardiovasculaires : "pour lui éviter 6 à 8 heures d'attente aux urgences, vous passez trois quarts d'heure au téléphone, avec une gentille ministre de la Santé qui vous indique que maintenant, en vous donnant 5 ou 10 euros de plus par consultation, ça va être très bien si vous pouvez faire ce boulot-là".

Les médecins craignent, à terme, des risques sur la santé des patients

Des salles d'attente pleines à craquer, des salles d'examen toutes occupées et des médecins qui s'agacent entre eux de ne pas trouver de lits disponibles. Sylvain Hirsch, qui travaille aussi aux urgences de l'hôpital Saint-Louis dans la capitale, craint à terme des risques sur la santé des patients : "le discours est toujours le même : 'on s'en charge, on va faire une réunion de crise', et au final, ça ne change pas grand chose".

Une situation qui n'est pas près de s'améliorer cette année : le déficit des hôpitaux s'apprête à dépasser le milliard d'euros.

Sur le même sujet
Les rubriques Sudradio