Faut-il supprimer le diesel ?

diesel
Prix des carburants : des mesures de chômage partiel semblent inévitables dans l'usine Bosch à Rodez. AFP

Faut-il carrément supprimer le diesel ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 12 mars 2019. Avec pour invités :
- Borislav Kovacevic, dirigeant de la société de consultants Solutions VO ;
- Fabrice Godefroy, président de Diésélistes de France ;
- Yves Carra, porte-parole de l'Automobile Club Association ;
- Nicolas Kurtsoglou, responsable carburants au syndicat national des producteurs d'alcool agricole.

'Info Vérité' est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Réunion de crise sur le diesel,  lundi 11 mars à Bercy. Objectif : éviter la suppression de millier d’emplois. Le diesel a de moins en moins la cote à cause de la politique du gouvernement. Pour autant, faut-il aller jusqu'à le supprimer ?

5.500 emplois directement menacés

"Le diesel n’est pas encore mort, rappelle Véronique Jacquier. Il représente 70% des ventes des véhicules professionnels". Avec la prime à la conversion, quels types de voitures les Français achètent-ils ? 48%, un véhicule avec moteur diesel ; 47%, un modèle avec moteur essence, quand seulement 5% font le choix d’une voiture électrique. Le diesel fait de la résistance car les derniers modèles sont moins polluants, moins gourmands qu’un moteur essence et rejettent moins de dioxyde de carbone que ce dernier. Alors, pourquoi tant de haine contre le diesel ? "Ses particules fines sont encore accusées d’être cancérogènes alors que des filtres à particules sont installés sur chaque nouveau modèle, s’étonne Véronique Jacquier. Mais le gouvernement a décidé la mort du diesel". La preuve : le prix d’un litre de gazole dépasse par endroit le prix d’un litre d’essence, en France, pour amener chacun à acheter un modèle hybride ou électrique.

Le gouvernement a juste oublié qu’une trentaine d’entreprises spécialisées dans la motorisation diesel sont fragilisées par la crise : 5.500 emplois sont directement menacés. "Alors, tout d’un coup, il se réveille et propose une mesure complètement contradictoire avec sa politique : réfléchir à l’attribution de la fameuse vignette Critair aux véhicules diesel les moins polluants." Une idée lancée hier par Bruno Le Maire. Il y a exactement un mois, quand Éisabeth Borne, ministre des Transports, déclarait que jamais les voitures diesel n’auraient le sésame pour rouler en centre-ville quand l’air est pollué. "Le gouvernement veut tuer le diesel mais pas ses emplois. Or 37.500 postes sont directement lié au diesel dans notre pays."

Un déclin lent et inexorable

La chute des ventes de véhicules diesel "a surtout concerné les citadines, dans un premier temps", explique Borislav Kovacevic, dirigeant de la société de consultants Solutions VO, qui conseille plusieurs constructeurs automobiles pour les aider à vendre plus vite et mieux leurs véhicules. Dans les grandes villes, la peur de ne pas pouvoir rouler dans le centre a joué, entre la vignette Critair et la création de  200 zones à circulation limitée. À l’inverse,  on a exagéré dans le sens du diesel, avec 73% du parc contre 50% au niveau européen. Mais maintenant, on exagère dans l’autre sens".

Peut-on encore revendre un véhicule diesel d’occasion ? "'Le Bon coin' et 'La Centrale' sont les deux portails leaders. La proportion de vente y est identique à 1% près ces cinq dernières années. Quand on roule au diesel, on consomme moins de carburant et quand on fait beaucoup de kilomètres, le meilleur modèle économique reste le diesel, sur des voitures compactes et plus, au-delà de 25.000 km par an."
Le diesel est-il quand même condamné à mourir ? "Ou, parce que son déclin est inexorable, estime Véronique Jacquier. 70% des ventes en 2011… 39% en 2018. C’est toute une filière que l’on détruit pour des motifs de transition écologique. Mais la mort sera lente". Marché de l’occasion, des pièces détachées… Rien n’a été pensé pour soutenir les PME qui ne vont pas devenir des spécialistes du moteur électrique du jour au lendemain. "Il aurait fallu une réponse graduée pour envoyer à la casse les vieux modèles très polluants et anticiper, déjà, le retrait progressif des autres. Vouloir supprimer le diesel c’est une chose, s’en donner vraiment les moyens, c’est mieux".
 

Cliquez ici pour écouter ”Info Vérité” présentée par Véronique Jacquier

Retrouvez "Info Vérité" du lundi au vendredi avec Véronique Jacquier à 7h10 et 9h15 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
Sur quelle fréquence écouter Sud Radio ? Cliquez-ici !

 

 

Sur le même sujet
Les rubriques Sudradio