Fabrice Poli : "C’est un soulagement pour les forces de l’ordre"

3000 policiers sont à la recherche de Rédoine Faïd
image d'illustration

Fabrice Poli, secrétaire régional Grand-Est du syndicat Alliance police nationale, était interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 14 décembre 2018. Après une traque de quelques jours, Cherif Chekkat a été abattu le mardi 13 décembre 2018 à Strasbourg. 

Rester vigilant 

"C'est un soulagement pour les forces de l’ordre et un soulagement pour la population que d’avoir neutralisé Cherif Chekatt", affirme Fabrice Poli. Néanmoins, celui-ci rappelle que la menace est toujours présente : "Attention néanmoins, ne relâchons pas la vigilance". 

À Strasbourg, les policiers restent extrêmement vigilants même s'ils sont très fatigués avec les manifestations des lycéens et les incendies de véhicules qui se rajoutent à la charge des forces de l’ordre, rapporte Fabrice Poli. "On atteint un stade d’épuisement qui, malheureusement, ne va pas s’améliorer dans les jours à venir avec l'approche des fêtes de Noël. La menace terroriste, les 'gilets jaunes', les lycéens, ça commence à faire beaucoup", confie-t-il. 

La justice insuffisante

"La justice ne nous permet pas de mettre hors d’état de nuire des individus qui ne sont pas passés à l’acte". Selon lui, cela nécessite de les placer sous surveillance. Or, à Strasbourg, 250 personnes figurent dans le fichier des dossiers radicalisés. Et les moyens sont insuffisants : on compte un policier en moyenne pour quinze individus radicalisés.

"Si demain, la justice ne prend pas conscience qu’il va falloir légiférer, prendre une décision pour pouvoir mettre hors d’état de nuire tous ces individus qui menacent la République française, on ne s’en sortira pas."

"Aujourd’hui, on a le sentiment qu’une impunité règne. L’État est beaucoup plus sévère avec des contrevenants au code de la route qu’avec des criminels en puissance. Il est urgent d’inverser le rapport de force."

Des caméras et des assignations à résidence ?

"L’assignation à résidence ne fonctionne pas véritablement car, là encore, il faut beaucoup de policiers pour les surveiller", déplore Fabrice Poli devant l’insuffisance du dispositif.

Si les caméras à reconnaissance faciale sont un dispositif souhaitable, pour Fabrice Poli, la question essentielle est de savoir qui peut en assumer la charge : "On nous oppose systématiquement une question budgétaire". Une deuxième question est problématique, selon lui : "Est-ce que nos concitoyens sont aujourd’hui prêts à sacrifier un peu plus de liberté pour plus de sécurité ?".

 

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