Dr Jean-Philippe Santoni : "Le tabac tue 200 personnes par jour en France"

Paquet neutre tabac buraliste (©LOIC VENANCE - AFP)
Paquet neutre tabac buraliste (©LOIC VENANCE - AFP)

Alors que se déroule en ce mois de novembre le «mois sans tabac», le pneumologue Jean-Philippe Santoni était l’invité de Sud Radio ce vendredi pour évoquer la toujours difficile tâche d’arrêter de fumer.

Véritable enjeu de santé publique, l’arrêt du tabac n’est pas une sinécure pour les fumeurs, loin de là. Pour donner un petit coup de pouce à ceux désireux de mettre de côté une bonne fois pour toutes la petite cigarette blanche, le "mois sans tabac" vit sa deuxième édition en ce mois de novembre 2017, une édition que le pneumologue Jean-Philippe Santoni, membre de la Fondation du souffle, espère aussi réussie que la première.

"La première édition l’an dernier a été un succès, nous avons eu 180 000 inscrits, ce qui est tout à fait remarquable pour une première, avec beaucoup d’arrêts de tabac. Certains arrêts ont été définitifs, d’autres temporaires. Globalement, un fumeur qui arrête quatre semaines a une probabilité d’arrêter définitivement cinq fois plus élevée qu’un fumeur qui arrête uniquement quelques jours", rappelle-t-il.

"Très difficile d’arrêter tout seul"

Alors que de nombreuses manières d’arrêter de fumer existe, Jean-Philippe Santoni rappelle que l’essentiel reste l’accompagnement. "Il est très difficile d’arrêter tout seul, c’est pour ça que dans le cadre du mois sans tabac, nous mettons en service avec nos partenaires des centres d’information. La Fondation du souffle, qui siège à la Maison du poumon, en est un. Tabac Info Service en est un autre. Il faut avoir des méthodes de coaching et, bien sûr, des substituts nicotiniques qui peuvent être administrés de façons différentes. Il faut aussi bien sûr bénéficier d’un accompagnement moral et psychologique", préconise-t-il.

Selon le médecin, arrêter de fumer n’est pas uniquement un acte personnel. "Il faut faire comprendre aux fumeurs que l’arrêt du tabac est une mesure qui a un bénéfice individuel – le tabac tue 200 personnes par jour – mais aussi collectif puisqu’on parle beaucoup de pollution et le tabac est un polluant, peut-être le principal polluant domestique ! La fumée de tabac produit des composés organiques volatiles, des goudrons et des particules, comme d’autres sources de pollution telles que l’automobile", explique-t-il.

"La hausse du prix du tabac se justifie pleinement"

Enfin, Jean-Philippe Santoni justifie également la hausse programmée du prix du tabac. "Le paquet neutre peut rebuter certains fumeurs, mais c’est une série de mesures qui doivent être prises, aucune mesure ponctuelle et individuelle n’est efficace à elle seule. Il faut plusieurs mesures, dont l’augmentation du prix du tabac qui se justifie pleinement. Les études internationales et l’expérience française montrent que seule une augmentation substantielle et importante du prix du tabac peut diminuer drastiquement la consommation collective. Pour ça, il faut associer tous les acteurs, y compris les buralistes, pour leur faire comprendre l’importance de ces mesures impopulaires en termes de santé publique", plaide-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview de Jean-Philippe Santoni dans le Grand Matin Sud Radio

 

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