Diabète: "On a un traitement qui nous a sauvé la vie, et on est en train de nous le retirer !"

C’est un compte à rebours insupportable pour les patients diabétiques: l'unique société qui fabrique des pompes à insulines implantées arrêtera sa production le 30 juin prochain. Certains patients vont se retrouver privés de cet appareil indispensable à la vie, voire à leur survie, eux qui étaient parmi les patients les plus fragiles pendant la crise de la Covid.

(FRANCK FIFE / AFP)
Reportage Sud Radio de Christine Bouillot

 

La crise du coronavirus a tout arrêté net. Trois années de combat pour espérer une reprise de la production de ces pompes à insuline qui ont rendu la vie supportable à Sabine Guerin, à la tête du collectif de malades. Elle se sent abandonnée:

"On a un traitement qui nous sa sauvé la vie, et on est en train de nous le retirer ! Et ce qui me révolte encore plus, c'est de voir l'Etat qui ne fait rien. On veut quoi? Des hospitalisations à répétition? Que les implantés n'aient pas le droit de vivre?"

 

"J'ai envie de continuer à vivre"

A 15 jours de l' arrêt de la fabrication de ces pompes par le tenant américain Medtronic (des pompes qui envoient un débit régulier d'insuline), les diabétiques savent qu’ils n’auront pas de planche de salut. Jean Louis Marty, très ému, est transplantés depuis sept ans:

"Je le vis avec mes 75 ans, mais je ne supporterai pas de voir les jeunes souffrir ce que j'ai souffert ! Les diabétiques implantés sont au bout du bout, ils ont essayé toutes les possibilités et il n'y en a pas d'autre. On veut des pompes, et on veut les accessoires qui vont avec ! Jusqu'à ce qu'une nouvelle pompe soit mise sur le marché de façon définitive et pérenne". 

 

Eux aussi demandent que l'Etat intervienne pour faire fabriquer en France ces pompes. "C'est inhumain. Mais je pense que l'Etat peut leur mettre la pression. Fait pas nous dire qu'ils ne peuvent pas". L’appel à l aide lancé au Ministre de la santé est à ce jour resté sans réponse.

 

"Quand on a connu l'enfer avant, on sait qu'on va repartir dans l'enfer, et notre vie va être terrible: des complications très graves voire fatales. Des comas, des hospitalisations. Je n'ai pas envie de passer ma vie à l'hôpital. C'est un peu noir, l'avenir. A 50 ans, j'ai envie de vivre. Cela a toujours été mon but depuis que je suis petite, parce-que je suis diabétique depuis l'âge de quatre ans, et j'ai envie de vivre et de continuer à vivre comme je vis à l'heure actuelle"