Des commerçants rackettés par des groupes de jeunes près de Roissy

commerce rideau
AFP

Des commerçants à qui l’on vole des articles, mais aussi à qui l’on demande de l’argent et qui ne trouvent parfois pas d’autre solution que de baisser le rideau par peur des représailles. La situation s’éternise depuis le mois d’avril. Cyprien Pézeril, de Sud Radio, est allé à leur rencontre.

Jusqu’à 800 euros de chiffre d’affaires en moins par jour  

La scène se répète inlassablement : ils ont entre 20 et 30 ans, rentrent dans les boutiques et se servent sans payer, puis demandent aux gérants entre 400 et 1.000 euros par mois en échange de la paix. Certains acceptent, mais d’autres refusent. Résultat, par peur des représailles, des boutiques baissent le rideau temporairement. Les commerçants sont excédés. "Ils font la loi et on ne peut pas parler parce qu’ils nous menacent de nous suivre chez nous, de brûler notre magasin. On est obligé de partir, de choisir un autre lieu où on travaille tranquillement" se lamente un commerçant.  

Un employé explique qu’il n’a pas été payé, parce que le magasin a été fermé pendant 1 mois. "Il y a des marchandises dont la date est expirée, des fruits, des légumes qu’on a dû jeter" raconte-t-il à Cyprien Pézeril de Sud Radio. Un manque à gagner, donc, dans ce magasin. Dans un autre, c’est jusqu’à 800 euros de chiffre d’affaires en moins par jour. Pour faire pression, les voleurs laissent devant la porte d’entrée un Rottweiler, sans muselière, si bien qu’aucun client n’ose franchir le seuil. 

La semaine dernière plusieurs commerçants ont déposé plainte  

Mais depuis peu, les commerçants ont décidé de briser le silence. Une plainte a été déposée et le maire de Tremblay en France, François Asensi, mis au courant. "Quand on ose montrer des armes à feu en leur disant qu’on va s’en servir si vous ne nous donnez pas l’argent, c’est du grand banditisme. Ce n’est pas des petits délinquants de banlieue. La parole s’est libérée et la peur a changé de camp, c’est formidable !" explique l’élu au micro de Cyprien Pézeril de Sud Radio.  

Depuis le dépôt des plaintes, des gendarmes font des rondes pour protéger les boutiques. Mais les familles des mis en examen tentent d’intimider les commerçants. Le parquet de Bobigny a ouvert une information judiciaire pour "extorsion et tentative d’extorsion en bande organisée avec arme". 4 hommes sont mis en examen, dont 3 placés en détention provisoire. Les enquêteurs recherchent d’autres auteurs des faits.

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Michel Ange
- Mardi 9 octobre 2018 à 09:01
Nous sommes fichus, que de temps perdu depuis 40 ans, dû à l'incurie, et de la lâcheté de nos dirigeants, pour des raisons électorales. On entend toujours les mêmes discours de leurs parts, ras le bol. Malheur à un commerçant qui osera répliquer à ces racailles avec une arme létale.
Pour endiguer ce cancer dans certains quartiers (700), il faut impérativement mettre en application l'article 16 de notre constitution, juste le temps de nettoyer les écuries d'augias, tant pis pour les libertés publiques. Encore un grand merci à Giscard et consorts pour le regroupement familial de 1976.
Les policiers et gendarmes n'ont de pouvoir qu'en matière du code de la route.

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