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Derniers selfies à l'Observatoire de la tour Montparnasse, qui ferme pour travaux

Derniers selfies sur la terrasse du 59e étage de la tour Montparnasse, avant que le plus haut gratte-ciel du sud parisien ferme ses portes à partir de mardi, pour plusieurs années de lourds travaux de rénovation.

Alain JOCARD - AFP

Derniers selfies sur la terrasse du 59e étage de la tour Montparnasse, avant que le plus haut gratte-ciel du sud parisien ferme ses portes à partir de mardi, pour plusieurs années de lourds travaux de rénovation.

Habitante du quartier depuis plus de dix ans, Béatrice, une artiste de 45 ans, est montée pour la première fois lundi à l'Observatoire de la tour Montparnasse, tout en haut de l'édifice emblématique de 210 mètres.

"Au début je ne l'aimais pas trop, mais depuis que je sais qu'ils vont la transformer je la regarde différemment. Je comment à l'aimer", raconte-t-elle à l'AFP. Elle apprécie "le changement de perspectives" de se trouver au-dessus des rues qu'elle arpente habituellement à pied.

Depuis la rue, la façade sombre semble plus éteinte que jamais. Aucun travailleur, aucune lumière, à peine une armoire encore en place. Tout est vide à part l'Observatoire, confirme un agent de sécurité.

Ouvert en 1974, un an après l'inauguration de la tour Montparnasse, l'Observatoire offre une vue à 360 degrés sur tout Paris depuis une terrasse de 900 m², ainsi qu'un étage fermé au 56e.

Depuis son ouverture, plus de 30 millions de visiteurs sont venus profiter de "la vue la plus emblématique sur la tour Eiffel", assure Caroline Biros, directrice de la communication de Magnicity, l'entreprise propriétaire de l'Observatoire.

Plus de 60% de ces visiteurs sont étrangers, "beaucoup de Chinois, mais aussi des Américains, Anglais, Espagnols, Brésiliens, et, avant, des Russes", détaille Caroline Delaire, directrice du lieu.

- Baisse du tourisme international -

La terrasse du 59e étage de la tour Montparnasse, à Paris, le 30 mars 2026

La terrasse du 59e étage de la tour Montparnasse, à Paris, le 30 mars 2026

Alain JOCARD - AFP

La terrasse, très ventée et ensoleillée par intermittence, est peu fréquentée lundi après-midi, une trentaine de personne se prennent en photo avec la tour Eiffel, avec les lettres "PARIS" d'1m60 précédées d'un coeur, ou sur la dizaine de fauteuils rouges installés au centre.

De "800.000 à 900.000 visiteurs annuels" avant le Covid, la fréquentation est descendue à "entre 600.000 et 700.000", percutée par les crises géopolitiques, la baisse du nombre de touristes chinois et l'année des Jeux olympiques, peu bénéfiques aux monuments parisiens, selon Caroline Biros.

L'architecture de cette tour a toujours fait débat, seul gratte-ciel au milieu des bâtiments de quelques étages du sud de Paris, elle est parfois surnommée la verrue, la veuve noire ou le point d'exclamation. Les plus médisants diront que l'avantage de se trouver en haut de la tour Montparnasse est de ne pas la voir.

Kacper, un lycéen de 18 ans, est lui presque un habitué. Il est déjà venu 5 ou 6 fois alors que les Parisiens représentent à peine 5% des visiteurs.

"J'ai appris que la tour ferme pendant plusieurs années, alors je me suis dit que j'allais venir une dernière fois", explique-t-il, content de la modernisation de la façade vitrée très sombre du bâtiment et du centre commercial au pied de la tour.

- 1 milliard pour le quartier -

"C'est pas le plus beau monument de Paris, donc je ne suis pas étonnée qu'ils la refassent", juge Ylydiah, étudiante en gestion de crise de 22 ans. Pour son amie Silveria, "c'est une bonne chose d'améliorer l'esthétique de la tour. Cela va rentrer dans les grands changements de Paris", relève l'étudiante en urbanisme et aménagement de 24 ans.

L'édifice, occupé principalement par des bureaux, doit être métamorphosé en une tour vitrée, accueillant un hôtel, des commerces et services, surmontés d'une serre agricole. La rénovation devrait nécessiter quatre ans de travaux et a été imaginée par l'agence d'architecture Nouvelle AOM, née de l'association de trois agences parisiennes spécialement pour ce projet.

Le coût dépasse les 600 millions d'euros pour la tour et avoisine le milliard d'euros en ajoutant les rénovations de l'immeuble de bureaux "CIT", tout proche, du centre commercial et de la dalle qui lit les différents bâtiments de cet îlot.

Le vaste projet est en gestation depuis dix ans, un premier permis de construire avait été approuvé par la mairie de Paris en 2019, mais des recours, notamment, ont retardé les travaux.

A la réouverture, "l'Observatoire va retrouver sa place" promet Caroline Delaire, même s'il est "encore tôt pour connaître" les détails. Magnicity restera propriétaire du dernier étage, qui pourrait accueillir un restaurant panoramique, un bar ou autre.

Par Juliette VILROBE / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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