Démission de 1500 médecins et chefs de service: "on n'a plus les moyens de prendre en charge les patients en sécurité et en qualité

Plus de 1 500 médecins et chefs de service des hôpitaux publics présentent leur démission ce mardi. Les soins continueront d’être assurés mais ils ne participeront plus aux tâches administratives. Ces médecins du collectif inter hôpitaux demandent de nouveaux moyens pour l’hôpital public, avec quatre grandes revendications. Augmentation du budget global de la sécurité sociale, ouverture de lits, meilleure rémunération des personnels hospitaliers et une table ronde sur l’avenir de l’hôpital. Témoignage d'une des 600 chef de service qui présente sa démission.

Des membres du collectif inter-hôpitaux. (Thomas SAMSON / AFP)
Reportage Sud Radio de Clément Bargain

 

La professeur Agnès Hartemann est chef du service diabétologie de la Pitié-Salpêtrière, et aujourd'hui elle présente sa démission: "c'est une décision douloureuse, pénible, à contrecœur". Agnès Hartemann continuera à soigner ses patients, mais elle abandonne ses fonctions administratives: "être interpellé sur les activités, les recettes, les finances. On ne veut plus être interlocuteur de ça. C'est un sujet qui nous a écoeuré"

 

"Au bout d'un moment, c'est épuisant"

Cela fait des mois que les personnels hospitaliers tirent la sonnette d'alarme, et pourtant dans les services, rien ne change: "On se retrouve en conflit éthique avec les difficultés qu'on a, à prendre en charge nos patients, avec les fermetures de lits, le manque de personnel. Ici, à la Pitié-Salpêtrière, il y a 100 lits fermés certains jours, donc on n'a plus les moyens de prendre en charge les patients qu'on souhaiterait prendre en charge en sécurité ou en qualité".

Comme tous ces médecins et chefs de services démissionnaires, Agnès Hartemann crie son désarroi: "Actuellement je dirais qu'on est découragés. C'est difficile d'être obligé constamment  d'essayer de relancer la dynamique d'équipe, d'encourager les gens à continuer à venir travailler, de soutenir moralement... Au bout d'un moment, c'est épuisant". Le collectif inter-hôpitaux a demandé à rencontrer Agnès Buzyn. Demande pour l'instant restée sans réponse.