David Michaux (UNSA Police) : "Les conditions de travail des CRS se sont dégradées"

David Michaux (UNSA Police) : "Avec l'état d'urgence, les conditions de travail des CRS se sont dégradées"
CRS en faction lors des manifestations du 1er mai 2017 à Paris © Philippe Lopez / AFP

David Michaux (Secrétaire National CRS UNSA Police) était ce mercredi l'invité de Patrick Roger dans le Grand Matin Sud Radio.

Leur fronde est quasiment passée inaperçue en raison de la mobilisation contre la réforme du Code du travail, mais plusieurs centaines de CRS manquaient à l'appel hier en raison d'un mouvement de grogne de la profession. Ces policiers se sont fait porter pâles afin de protester contre leurs conditions de travail.

"Il n'est pas question de mettre en péril la France"

Invité de Patrick Roger dans le Grand Matin Sud Radio, David Michaux (Secrétaire National CRS UNSA Police) est revenu sur ce mouvement, évoquant d'abord le subterfuge que ses collègues ont dû employer pour ne pas travailler. Les CRS n'ayant en effet pas le droit de grève. "Avant leur prise de service, nos collègues ont avisé leur hiérarchie qu'ils n'étaient pas bien et qu'ils souhaitaient consulter un médecin", a-t-il expliqué. Simple mais imparable.

Interrogé quant à la réaction de sa hiérarchie, M. Michaux s'est montré lucide, bien conscient que ce mouvement n'est pas du goût de sa direction mais les CRS sont à bout, selon lui. "Depuis 2015 (et l'État d'urgence), les conditions de travail se sont dégradées car on nous a demandé d'être de plus en plus présents. On peut comprendre que les attentats ont fait en sorte qu'il y avait d'énormes besoins (...) mais le problème, c'est que l'on nous a mis sur des cantonnements de plus en plus dégradés et sur des horaires de plus en plus pesants", a-t-il ainsi dénoncé, ajoutant au passage que "le parc véhicule (était) en train de se dégrader, au point que lui et ses collègues parlent de "cercueils roulants", lorsqu'ils évoquent les voitures mises à leur disposition.

L'intéressé en est sûr, compte tenu de leurs revendications qui ne sont pas entendues, "les CRS vont demander à durcir leur mouvement" de grève. Au risque de mettre en danger le pays alors que la menace d'attentat continue de planer sur le territoire ? "Je peux vous certifier que l'ensemble des collègues en ont conscience, il n'est pas question de mettre en péril la France", a rétorqué David Michaud qui souhaite par ailleurs que "la négociation se fasse le plus rapidement possible".

>> Retrouvez l'intégralité du podcast de l'interview :

 

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