Covid-19 : À Marseille, restaurateurs et cafetiers se sentent stigmatisés

Bernard Marty, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie des Bouches-du-Rhône, était l’invité de Benjamin Glaise le 26 août dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

De nouvelles mesures de restriction ont été décidées à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône. En sus du port du masque généralisé à Marseille, les restaurants et bars devront désormais fermer leurs portes de 23 heures à 6 heures du matin.

 

Une saison touristique écourtée

Est-ce en soi une bonne nouvelle, alors que l’on parlait initialement d’une fermeture à 20 heures ?  "Oui, mais fermer à 23 heures, c’est une mauvaise nouvelle, tempère Bernard Marty, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie des Bouches-du-Rhône. Je suis assez mitigé concernant les annonces d’hier soir. Ce qui me préoccupe surtout est que j’ai l’impression que les restaurateurs et cafetiers sont coupables de développer le virus, alors que nous respectons depuis le début les gestes barrières."

Le ressent-il comme une injustice ? "On ferme restaurants et cafés, mais les plages sont ouvertes toute la nuit, et le soir, le Vieux Port se transforme en marché sauvage. On se sent stigmatisés. Après trois mois de fermeture, cela risque de vraiment poser problème. Nous vivons les derniers soirs de vacances, elles sont écourtées pour notre ville. Cela va diminuer les horaires pour les salariés, et les conséquences vont être dramatiques."

 

Le risque de fêtes sauvages

S’il s’estime montré du doigt, comprend-il pour autant l’argument sanitaire ? "On le comprend très bien, mais les gens iront faire la fête ailleurs dans des lieux plus sauvages. Chez nous, c'est réglementé, et si on ne respecte pas la règle, on est punis. Les gens qui font des fêtes sauvages, eux, ils disparaissent." Au-delà, l’effet de ces décisions se fait aussi ressentir sur le tourisme : " la publicité faite sur Marseille n’est pas engageante. Ici, nous avons une arrière-saison avec une clientèle plus âgée. Je pense que cela va largement l’impacter, même si on ne peut pas ignorer la réalité sanitaire."

Que réclament les restaurateurs en terme de soutien ? "Entre l’encouragement au télétravail et pas de touristes, ça va finir par faire beaucoup, juge le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie des Bouches-du-Rhône. Nous demandons depuis le début l’allègement des charges sociales et que les prêts garantis d’État soient remboursables sur quinze ans et non cinq. Enfin, à force de réduire l’amplitude horaire et le nombre de places, il va falloir influer sur les baux commerciaux, publics ou privés. On ne peut pas continuer à payer le même loyer et servir moins de gens. Cela ne va pas fonctionner."

 

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