Corrida : jour de vérité à l’Assemblée Nationale

Le texte de loi proposée par le député Aymeric Caron propose d'interdire la pratique de la corrida. Que faut-il en penser ?

corrida
Des toreros (g) regardent un militant anti-corrida (d) courir dans l'arène après la mort d'un taureau aux Arènes de Dax, le 12 août 2017 (IROZ GAIZKA - AFP/Archives).

L’ex-journaliste et désormais député, Aymeric Caron, souhaite voir la pratique de la corrida interdite. Son texte est étudié le 24 novembre à l’Assemblée Nationale. Sera-t-il adopté ?

Des conditions d'élevage idylliques

Aymeric Caron a par ailleurs élargi son texte aux combats de coqs, dans le Nord comme aux Antilles. Florent Lupi-Chapelle, manadier en Camargue, est éleveur de taureaux et de chevaux. "Nous élevons des taureaux qui vont dans les arènes pour la course camarguaise, qui n’est pas la corrida, précise-t-il. Il existe trois cultures différentes qui coexistent sur tous les territoires de l’arc méditerranéen et jusqu’au Sud-Ouest : la landaise, la camarguaise et la corrida."

"Nous élevons des taureaux depuis trois générations. À titre de passionné, pour moi, dans ces conditions d’élevage, le taureau vit dans des conditions idylliques. Il a plus d’un hectare par tête et par an. C’est un taureau qui conserve des espaces emblématiques en matière de biodiversité, en Camargue ou dans d’autres territoires."

 

Corrida : "On est dans des thèses antispécistes"

"La pratique taurine le met en lumière. Qu’on l'aime ou pas, c’est un autre débat. Moi, j’y suis favorable. Je suis favorable à ce que toute les pratiques régionalistes continuent d’exister. Mais je peux comprendre que ce soit un sujet clivant." Quid de la cruauté et de la souffrance infligées ? "Pensez-vous que dans les abattoirs, ce soit idylliques, notamment l’abattage rituel ? Là, on n'entend pas Monsieur Caron… On sert de marchepied politique à quelqu’un qui a besoin de reconnaissance."

"Ce culte du taureau permet de rassembler des gens de tous les horizons, rappelle Florent Lupi-Chapelle. C’est créateur de lien social, cela rassemble des publics d’horizons divers. La corrida est un prétexte de la part du député Caron. On est dans des thèses antispécistes, il a des thèses abolitionnistes de toutes les formes d’élevage. Sur la considération animale, on n'a pas besoin de la bien-pensance parisienne de Monsieur Caron !"

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