Contrôles au faciès, provocations envers la police dans les quartiers : un problème complexe

Au lendemain du rassemblement en soutien à la famille d'Adama Traoré et plus largement, contre les violences policières, les habitants des quartiers périurbains prennent la parole pour dénoncer des contrôles au faciès à outrance et parfois même, un "racisme systémique dans la police". En face, des jeunes reconnaissent leur part de responsabilité dans les tensions et d'autres appellent à mettre la lumière aussi sur ces policiers qui luttent contre le racisme de certains de leurs collègues.

De nombreuses études démontrent que les contrôles d'identité sont faits au regard du faciès. "Pragmatique" pour certains, "insupportable" pour d'autres. (Photo Thierry Zoccolan / AFP)

Un reportage de Clément Bargain pour Sud Radio.

 

Un Français sur trois ne se sent pas sécurité face à la police selon un sondage réalisé pour le Huffington Post. Dans un contexte de mobilisation contre les violences policières, ce sentiment d'insécurité est partagé par de nombreux citoyens. Une enquête qui montre bien qu’un fossé s’est créé entre la police et une partie de la population.

De son côté, Neich se fait régulièrement contrôler par la police et c’est parfois difficile à supporter pour lui.

"Dans les centres commerciaux, si je passe avec un sac et qu'un blanc passe aussi avec un sac, c'est moi qui suis contrôlé, pas l'autre. C'est cela qu'il faut faire bouger un peu."

Assia aussi veut faire bouger les choses. Cette jeune habitante d’un quartier populaire est en colère contre la police.

"Je ne connais pas une seule personne de mon quartier qui n'a pas été contrôlée par la police juste parce qu'elle était noire ou arabe. Aujourd'hui, la vérité, c'est que c'est difficile d'être noir et de ne pas avoir eur de la police. Ce sont des souffrances qui sont là depuis des années et qu'on doit exprimer."

 

Certains jeunes de quartier reconnaissent avoir leur part de responsabilité dans les contrôles

Les relations sont conflictuelles mais Mehdi reconnaît sa part de responsabilité. Il ne veut pas tenir un discours anti-flic.

"Il y a des policiers qui viennent chercher, qui aiment bien piquer mais si on ne les cherche pas, normalement ils ne viennent pas. Je sais très bien que le problème vient de nous, H24 il vient de nous. C'est nous qui jetons des pierres en premier, qui lâchons une petite insulte. Après, c'est le jeu du chat et de la souris ! Moi j'accepte de jouer donc je ne peux pas parler de haine".

 

En dehors des brebis galeuses, nombre de policiers se battent contre le racisme

Dans le rassemblement, il n’y a pas que les pro et anti-policiers. Loane, elle, se méfie des généralités et cherche à apaiser les tensions.

"Il faut montrer au monde qu'il n'y a pas que des policiers négatifs, il y aussi des policiers qui sont là pour nous et se battent contre le racisme. Il y en a beaucoup aussi mais on ne les voit pas, on voit que le négatif."

De son côté, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé mercredi que les policiers seraient "sanctionnés" en cas de "faute" ou de mot raciste.