Confinement : "On protège la vie à court terme pour la détruire à long terme"

Thibault Mercier, avocat au Barreau de Paris, essayiste et président du Cercle Droit et Liberté était l’invité de Patrick Roger le 18 novembre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Un restaurant des Champs-Elysées fermé pour cause de confinement le 12 novembre 2020 (Stéphane de Sakutin - AFP)

Faut-il déconfiner pour continuer à vivre ? Une tribune récemment publiée s’inquiète des conséquences du confinement sur nos libertés publiques et nos modes de vies. Cette tribune a déjà été signée par plus de 1.000 avocats et 500 juristes.

 

"On protège la vie à court terme pour la détruire à long terme"

Cette tribune dénonce les effets collatéraux du confinement Mais quels sont-ils ? "Sur l’économie, cela va entraîner des faillites, des dépressions, détaille Thibault Mercier, avocat au Barreau de Paris, essayiste et président du Cercle Droit et Liberté. Cela va engendrer une vague de suicides, de la pauvreté, qui entraînera elle-même une misère sociale et humaine pouvant entraîner des dommages majeurs sur la santé. Avec ce confinement, on est en train de détruire la santé des forces vives."

"On comprend très bien que les médecins veulent sauver la vie à tout prix. Mais est-ce légitime de leur donner les rênes du parlement et des tribunaux ? Quand on aura fini de détruire l’économie, on se demande comment on pourra payer l’hôpital et des lits de réanimation et soigner les malades, estime Maître Mercier. Finalement, on protège la vie à court terme pour la détruire à long terme."

 

"On se demande comment l'on va sortir de cet état d’exception permanent"

"Passé la sidération du premier confinement, on sait que ce n’est pas forcément la meilleure solution pour sauver des vies, juge le président du Cercle Droit et Liberté. On le voit dans les pays du Nord et en Allemagne, qui a confiné très légèrement, il n’ y a pas forcément plus de morts. Beaucoup de pays, notamment les pays asiatiques, ont préféré confiner les plus faibles, en responsabilisant les citoyens, ce qui n’est pas le cas en France. On a préféré la communication par la peur, la culpabilisation des citoyens."

Mais n’y a-t-il pas eu un certain manque de discipline de la part des Français ? "Je pense qu’ils sont tout-à-fait disciplinés, malgré ce qu’a dit le gouvernement", conteste l’avocat au Barreau de Paris. Maintenant que l’on connaît le virus, l’âge médian, l’âge moyen des personnes décédant étant de plus de 80 ans, plutôt que de protéger les plus faibles, on a préféré détruire l’économie. Cela va avoir des effets sur les libertés publiques, tordues depuis six mois, disproportionnées. On se demande comment l'on va sortir de cet état d’exception permanent."

 

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