Commerçants et habitants exaspérés par l'occupation d'Extinction rebellion à Paris, "ce sont toujours les petits qui trinquent"

Le quartier du Châtelet à Paris complètement bloqué depuis lundi. Des centaines de militants pour le climat participent au mouvement Extinction Rebellion, qui prône la désobéissance civile non-violente. Ils prévoient ce vendredi de bloquer les principaux axes routiers avec des déambulations à vélo vers le centre de Paris, réaménagé avec des tentes, de la paille au sol, des toilettes sèches, une infirmerie et même un service de bagages! Tout est organisé pour une occupation sur du long terme. Une situation qui exaspère les commerçants et les riverains.

Les militants d'Extinction rebellion place du Châtelet à Paris. (Bertrand GUAY / AFP)

Reportage Sud Radio de Clément Bargain

 

Didier tient une pépinière face à la Seine, dans une rue bloquée depuis lundi… L’heure est au premier bilan:

"L'activité est nulle pour moi, on perd 80% de ce qu'on doit faire. C'est énorme. De toute façon, ce sont toujours les petits qui trinquent" - Didier, pépiniériste

C’est tout le quartier du Châtelet qui est paralysé par les blocages d’Extinction Rebellion. Damien est serveur dans un restaurant juste en face des tentes et des bottes de foins installées par les manifestants. "On a des livreurs qui nous disent qu'ils ne viennent plus à Paris. Nous, on a des produits frais tous les jours. On fait quoi?  On n'a plus rien, on est bloqués".

 

Avec les embouteillages, "cela pollue 10 fois plus"

Cinq jours de blocage: c'est est trop pour Eric, qui n’a quasiment pas travaillé de la semaine... Il ne mâche pas ses mots:

"Voir passer un camion avec un jet d'eau pour les dégager, ça me réjouirait presque. Nous, on espère avoir au moins un week-end normal pour pouvoir payer l'URSSAF le 15 octobre" - Eric

Si toute la zone est devenue piétonne, la circulation s’est densifiée dans les rues alentours. Michel et Fabienne habitent le quartier. Ils décrivent les encombrements, "avec tous les bus qui restent bloqués, les voitures", les embouteillages "monstrueux avec les gaz d'échappements qui continuent parce qu'ils mettent trois fois plus de temps à passer, du coup ça pollue 10 fois plus !"

Les blocages devraient continuer jusqu'à samedi. Les manifestants décideront ensuite en assemblée générale s’il poursuivent ou non le mouvement.