Commandant Vincent : "L'action terroriste s'inscrit dans un processus"

Commandant Vincent, militaire, Saint-Cyrien, "Traquer la terreur - Au cœur des réseaux terroristes, du profilage à la neutralisation" (éditions Pierre de Taillac), était l’invité d’André Bercoff, vendredi 15 janvier, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Les forces de sécurité indienne devant l'hôtel Taj Mahal, à Mumbai, où se déroulait un attentat en novembre 2008. Punit PARANJPE / AFP

Après avoir participé à la formation d'unités étrangères dans le champ du contre-terrorisme, le Commandant Vincent (nom d'emprunt), décrypte et analyse le fonctionnement de ces cellules de l'horreur pour mieux en appréhender les motivations mais aussi les inspirations puisées dans les techniques du monde communiste.

Derrière les attaques, de multiples cellules

L'acte terroriste c'est "un peu comme un iceberg". La face émergée montre l'acte "dramatique, atroce, des gens qui sont tués, du message de propagande et du relais médiatique sur les faits", mais ne doit pas faire oublier ce qui se cache derrière. "L'action terroriste s'inscrit dans un processus", souligne le commandant Vincent qui démontre que derrière ceux qui vont mener des attaques, se cachent pleins de cellules.

Le militaire prend exemple sur l'attentat à l'hôtel Taj Mahal, à Mumbai (Inde) en 2008, où cinq binômes allaient durant trois jours perpétrer de multiples prises d'otage et des tueries de masse, faisant 174 morts et 300 blessés. Dans ce scénario, "il y a différentes équipes : une équipe chargée de faire l'assaut, une équipe de soutien, de planification, d'autres qui vont les entourer et une équipe de communication", décrit Commandant Vincent. Un attentat qui n'avait pas été mené au hasard, "il s'inscrit au moment d'une tractation très importante entre Washington et le Pakistan pour pouvoir mener une coordination dans la traque des groupes terroristes transnationaux", note l'officier. Une action qui va finalement "faire des soubresauts entre l'Inde et le Pakistan et par ricochets, les Etats-Unis", se souvient-il.

"Contourner les offensives traditionnelles"

"Le terrorisme s'inscrit dans différentes phases", note le commandant Vincent. Un "phasage" théorisé par Trotski dans son concept de guerre révolutionnaire qui consiste entre autre à "contourner les offensives traditionnelles, notamment en s'attaquant à la périphérie par petits groupes". Une volonté de contournement qui n'a rien de nouvelle, puisqu'on la retrouve "à la fois dans la guerre des Gaules, la guérilla contre les Anglais menée par du Guesclin, les guerres de Vendée, les Espagnols contre les troupes napoléoniennes", énumère le militaire.

Mais ce qui intéressant, "c'est de voir cette volonté de frapper des cibles civils, tels que l'ont montré Trotsky ou Mao", note le commandant Vincent. Une inspiration "déclinée au sein des groupes islamistes, tels Al-Qaïda ou Daech" qui appliquent ce que "les services spéciaux de certains pays arabes travaillant avec l'URSS durant la guerre froide, ont appris". Une formation leur permettant "d'avoir des compétences en guerre clandestines, comme pour les assassinats ciblés".

 

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