Champs-Élysées : les commerçants redoutent la mobilisation des "gilets jaunes" de samedi

manifestation Champs-Élysées
Les commerçants des Champs-Élysées redoutent la mobilisation de samedi alors qu'ils se remettent à peine des précédentes. AFP

Les commerçants aux abords des Champs-Élysées se préparent à une nouvelle journée difficile : un acte IV de la mobilisation des "gilets jaunes" se profile samedi 8 décembre 2018 à Paris. Le gouvernement a cédé en partie à la toute première exigence des "gilets jaunes", en supprimant les taxes sur les carburants. Mais les leaders du mouvement réclament plus : le rétablissement de l'impôt sur la fortune ou encore l'augmentation du SMIC. Les manifestations pourraient être aussi violentes que la semaine dernière et les commerçants s'organisent pour ne pas revivre ces scènes de guérilla. Clément Bargain de Sud Radio est allé à leur rencontre.  

"En attendant d'avoir un rideau la semaine d'après pour anticiper le samedi suivant"

Les commerçants du quartier des Champs-Élysées s'attendent au pire. La vitrine de ce concessionnaire de scooters est complètement fissurée : "La vitre bouge au milieu. Elle fait quand même 2 mètres par 2, elle est renforcée et très épaisse : ils ont dû y aller fort... À coups de masse, à mon avis elle tombe".

Cet autre commerçant fait poser des panneaux de bois sur sa devanture : "On n'a pas de rideaux, on va placarder la vitrine de l'extérieur. En attendant d'avoir un rideau la semaine d'après pour anticiper le samedi suivant".

Dans le magasin d’à côté, on ne prend aucun risque : depuis hier, les motos et les accessoires sont vidés du magasin. "On ne peut pas se lever le matin avec la peur au ventre. On dépense des sous pour faire venir des camions, pour vider intégralement le magasin et stocker la marchandise quelque part. Encore une journée de perte de chiffre d'affaires, c'est plus possible..."

"On n'a pas le temps ni les moyens de faire quelque chose de viable pour être protégé"

Certains commerçants, complètement découragés, baissent les bras. Samedi, ce magasin de cigarettes électroniques a été totalement saccagé : "Ça a été le libre-service pendant à peu près une demi-heure... Les liquides, les cigarettes, les poubelles : il n'y avait plus rien !".

À deux jours de la prochaine manifestation, il est bien obligé de se résigner : "Ils repasseront encore ; on n'a pas le temps ni les moyens de faire quelque chose de viable pour être protégé. On va prendre le plus gros du magasin avec nous dans notre dépôt et on va laisser ce qu'on ne peut pas prendre".

Samedi, les effectifs de police vont être renforcés. Il devrait y avoir plus d’un policier pour deux manifestants.

Sur le même sujet
Les rubriques Sudradio