Canicule : faut-il tolérer le burkini dans les piscines ?

Faut-il tolérer le burkini dans les piscines municipales ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 25 juin 2019. Avec pour invités :
- Elie Guerrero-Jaunier, étudiant chercheur en thèse, spécialiste de la question de laïcité ;
- Laurence Taillade, présidente du mouvement Forces laïques ;
 - Asif Arif, avocat au barreau de Paris, auteur de Être musulman en France, éditions l’Harmattan.

"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Dimanche après-midi, sept femmes se sont baignées en burkini dans une piscine de Grenoble. Elles ont bravé un interdit pour réclamer la liberté de se baigner comme elles le veulent "au nom de toutes les femmes". Au nom de toutes les femmes ? Leur demande est-elle recevable ?

Une démarche clairement militante

"Leur démarche est militante, résume Véronique Jacquier. C’est une opération coup de poing qu’elles ont médiatisée sur les réseaux sociaux. Elles disent ne pas porter de convictions religieuses mais elles protestent contre le règlement des piscines qu’elles jugent discriminatoires". Or ce règlement n’est discriminatoire qu’envers des femmes de confession musulmane se baignant toutes habillées. Par ailleurs, ces femmes avaient déjà bravé les interdits dans une autre piscine de la ville et elles comptent remettre cela dimanche prochain, en famille. La canicule tomberait-elle à pic pour se rafraîchir en burkini ?

Le maire de Grenoble, Éric Piole, était directement visé par les coups de boutoir de ce collectif. Pourtant, l’édile garde le silence, tout comme les autres membres de la mairie, que Sud Radio a tenté de contacter en vain. "L’attitude de ces femmes est inacceptable, juge Véronique Jacquier. D’abord parce qu’elles narguent un élu et ensuite, parce que c’est une énième façon de tester la République et de tenter de la faire reculer sur ses valeurs".

Le cheval de Troie de l’islamisme

Certaines villes ont-elles autorisé le burkini en piscine ? En principe, il est interdit partout en France pour des raisons d’hygiène. Mais la ville socialiste de Rennes a contourné l’interdit. "Hypocrisie dans l’emploi des mots, constate Véronique Jacquier. On ne parle pas de burkini mais de 'tissu spécifiquement conçu pour la baignade, qui ne doit pas avoir été porté avant'". Le burkini est aussi autorisé dans un centre aquatique de Fort-Mahon, près d’Amiens, dans la Somme. Une décision prise par le Défenseur des droits, Jacques Toubon, sollicité pour mettre fin à une discrimination religieuse. Et ce, au prix d’une passe d’armes avec Xavier Bertrand, le patron de la Région, qui parle pour sa part d’atteinte à la laïcité.

Est-ce la même polémique que pour le hidjab qui devait être commercialisé par Décathlon en mars dernier ? "Nous faisons face à la revendication d’un islam culturel, décrypte Véronique Jacquier. La question est toujours la même : ces vêtements sont-ils compatibles avec la vision que nous avons de notre société et de l’égalité homme-femme ? D’autant que, dans bien des pays, les femmes se battent pour ne pas porter de burkini !". Si la réponse est non, il ne doit y avoir aucune tolérance en piscine, les lois doivent être respectées et les maires, faire preuve de courage. "Certains le sont déjà pour le burkini sur la plage. Depuis l’été 2016, des élus prennent des arrêtés anti-burkinis alors que ces mêmes arrêtés sont jugés illégaux par le Conseil d’État qui estime qu’il n’y a pas trouble à l’ordre public ! Décidément, il est difficile, en France, de combattre le cheval de Troie de l’islamisme."

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