Brexit : faut-il garder les Anglais ?

Une excellente croissance économique pour le Royaume-Uni malgré le Brexit
Faut-il garder les Anglais encore un peu ?

Les Anglais viennent d’obtenir un nouveau délai pour quitter l’Union européenne. Faut-il les garder ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio, le 11 avril 2019. Avec pour invités :
- Jean Bizet, sénateur LR de la Manche, président de la commission sénatoriale des affaires européennes ;
- Geoffrey Bollée, conseiller régional Les Patriotes d’Île-de-France ;
- Yves Bertoncini, président du Mouvement européen - France ;
- Catherine Mathieu, économiste à l’OFCE, spécialiste du Royaume-Uni et des questions européennes ;
- Jeremy Stubbs, président des "Conservatives Abroad – France" (section française du Parti conservateur).

"Info vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Les Anglais vont finalement rester encore quelque temps dans l’Union européenne. N’y a-t-il pas que des ennuis à négocier un Brexit plus long ? "C’est comme dans un couple, estime Véronique Jacquier. L’homme dit 'Je te quitte'. Non seulement il ne part jamais, mais dès qu’il entend parler de divorce, il fait tout pour traîner dans l’appartement un peu plus longtemps. La situation s’enlise et parfois, le divorce n’a jamais lieu ! Voilà ce qui nous pend au nez avec les Anglais. Il aurait fallu être cash. Il aurait fallu être ferme".

Une société profondément divisée

Plus de report possible eut été un signal envoyé à tous les pays européens qui pourraient avoir un jour la tentation de renouveler ce vaudeville britannique. Mais les Européens ont choisi d’être conciliants ! Seul Emmanuel Macron s’est vraiment montré prêt à pousser les Britanniques dehors, prêt aussi à assumer un Brexit sans accord. Finalement, un délai supplémentaire est accordé aux Anglais. "On les garde à la maison, mais les Européens leur demandent des garanties, souligne Véronique Jacquier. En fait, nous sommes obligés de les garder…".

"Nous avons besoin de certitudes. Maintenant, il faut faire preuve de clarté, estime Jean Bizet, sénateur LR de la Manche, président de la commission sénatoriale des affaires européennes. J’aurais été pour ne pas accorder de délai supplémentaire. Quant à remettre en cause leur choix, la Cour de justice de l’Union européenne leur a tendu la main. Il a été clairement explicité qu’ils peuvent unilatéralement revenir sur leur décision et le déclenchement de l’article 50. Mais, nouveau référendum ou pas, la société britannique est profondément divisée".

Un sabotage de l'intérieur ?

En restant dans l’Union européenne, peuvent-ils nuire aux intérêts européens ? "Oui, pense Véronique Jacquier. Mais les 27 ont compris qu’il faut un Brexit coordonné, un divorce à l’amiable plutôt qu’une rupture brutale". Et ce, pour deux raisons : les élections européennes approchent et le Parlement doit faire son travail. Avec la décision prise dans la nuit, les Britanniques vont donc participer aux élections, le Royaume-Uni étant tenu d’organiser le scrutin européen. Deuxième raison : les conséquences économiques. Ainsi, la chancelière allemande Angela Merkel craignait le retour brutal de tarifs douaniers entre le Royaume-Uni et ses voisins.

"Chez nous, en France, on redoutait aussi la pagaille dans nos ports et le retour des formalités administratives. Alors tout n’est pas rose pour autant, en gardant les Anglais. Les leaders politiques partisans du Brexit ont déjà promis de saboter de l’intérieur le travail du futur Parlement européen." En Grande-Bretagne, le report redonne en revanche de l’espoir à la moitié du pays, europhile. Et si, finalement, un nouveau référendum était organisé ? "Les Anglais sont capables de tout ! Même en négociant un divorce à l’amiable, la tentation reste grande de mettre tous les Anglais à la porte, tellement ils nous font tourner en bourrique…"
 
 
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