Bernard Ravet : "La Shoah à l'école ? On connaît les difficultés depuis 2004"

Bernard Ravet, auteur de "Principal de collège ou imam de la République ?"

Ancien principal de collège, Bernard Ravet était l’invité du 18h Sud Radio ce mardi pour revenir sur l’épineuse question de la laïcité à l’école.

Peut-on toujours enseigner la Shoah en cours d’histoire à l’école dans tous les établissements de France ? Alors que certains enseignants ont aujourd’hui du mal à le faire dans certains quartiers, Bernard Ravet, ancien principal de collège et auteur de "Principal de collège ou imam de la République ?", assure ne pas être surpris au micro du 18h Sud Radio. "Ce n’est pas nouveau pour moi mais ça ne devrait pas non plus l’être pour le ministère de l’Éducation nationale. Dès 2004, le rapport Obin dénonçait cette difficulté d’enseigner la Shoah, avec des établissements dans lesquels des enseignants ont témoigné à l’Inspection générale leurs difficultés", rappelle-t-il.

L’ancien principal rebondit notamment sur son expérience personnelle à Marseille pour dénoncer une situation intenable aujourd’hui. "En 2004, on sait qu’on a une mosquée salafiste à Marseille, il a fallu attendre décembre 2017 pour qu’elle soit fermée et février 2018 pour qu’une commission décide de l’expulsion de l’imam en question. Comment voulez-vous que des enfants qui vont à l’école coranique le mercredi ou le samedi, élevés dans une culture d’antisémitisme ouvert, ne soient pas victimes d’un endoctrinement qui les conduit à ne pas reconnaître la Shoah et à avoir des propos négationnistes ?", souligne-t-il.

"J’aurais aimé un discours de fermeté dès 2004"

Face à ce contexte, Bernard Ravet appelle à un discours de fermeté. "J’ai accusé dans mon ouvrage les politiques de lâcheté. La fin de l’omerta commence avec le refus de certains jeunes de dire "Je suis Charlie". Najat Vallaud-Belkacem essaye de mettre en route des moyens, et depuis la rentrée, Jean-Michel Blanquer ne cesse de dire qu’il faut avoir une position ferme. J’apprécie ce discours et j’aurais aimé avoir de la part du rectorat de Marseille le même discours de fermeté dès 2004", déclare-t-il.

Reste à savoir comment les enseignants peuvent surmonter au quotidien ces difficultés. "Déjà, on ne se tait pas. On réfléchit collectivement avec les enseignants d’histoire-géographie à l’intérieur de chaque établissement et de chaque rectorat. La stratégie, ce n’est pas l’affrontement frontal, c’est de se demander ce qu’on va utiliser comme moyen pour expliquer. (…) Pour chaque enfant, face à l’endoctrinement, il faut développer sa capacité à comprendre la souffrance des autres", assure Bernard Ravet.

Réécoutez en podcast l’interview de Bernard Ravet dans le 18h Sud Radio

 

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