Bernard Kron : "L'épidémie au départ a été mésestimée"

Bernard Kron était l’invité d’André Bercoff, vendredi 13 mars sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états". Une émission spéciale sur le coronavirus, après l'allocution d'Emmanuel Macron.

Bernard Kron invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Dans cette édition spéciale d'André Bercoff, le chirurgien Bernard Kron réagit au discours d'Emmanuel Macron, tenu jeudi 12 mars, qui a annoncé des mesures pour faire face à l'épidémie du coronavirus. Pour l'invité, les autorités ont fait preuve "d'incohérences", il explique pourquoi.

 

Une erreur d'interprétation

C'est la plus grave épidémie depuis un siècle en France. Et elle n'est en rien comparable aux derniers virus qui ont fait trembler la planète. "Au moment de l'épidémie du H1N1, le directeur de la santé et l'OMS avaient considéré que c'était une épidémie très grave parce qu'il y en avait beaucoup au démarrage de l'épidémie", se rappelle Bernard Kron. Ce qui a justifié les commandes de 90 millions de vaccins, même si "ça s'est avéré être une épidémie très banale". Ensuite, il y a eu le SRASS, "pas très contagieux mais très grave avec presque 30% de mortalité mais l'épidémie ne s'est pas étendue", raconte-t-il. "Ensuite, on a eu la fièvre Ebola qui n'a pas eu le temps de s'étendre parce qu'elle était mortelle très rapidement et l'incubation était très courte", explique le chirurgien.

Pour le Covid-19, Bernard Kron estime qu'il s'agit "d'une erreur d'interprétation". "Pourtant, notre ministre de la Santé de l'époque, dont le mari était monsieur Lévy, ne pouvait pas ignorer l'installation à Wuhan, région natale du virus, d'un laboratoire P4 qui étudiait ces types de virus". Pas de quoi crier au complot pour le chirurgien qui explique juste que "c'est pour ça que le virus a été très vite typé et que Sanofi travaille actuellement sur des candidats vaccins". Mais ces vaccins pourraient devenir inutiles et inefficaces en cas de mutation du virus.

Les médecins mal protégés

Selon Bernard Kron, "l'épidémie a été mésestimée par l'OMS, au départ, qui a considéré que c'était une épidémie qui pourrait être cantonnée à la Chine grâce aux mesures draconiennes mises en place sur place". Mais le virus parait plus dangereux. "Il peut rentrer par les narines, la bouche et les yeux, sans masque FFP2, les médecins ne sont pas protégés", déplore-t-il. Ces masques, la France n'en a plu. "Les derniers que nous avions ont été envoyés en Chine en janvier dernier", rappelle le chirurgien.

Les médecins qui se retrouvent au contact avec les malades "n'ont que des masques chirurgicaux pour se protéger qui sont relativement peu efficaces", s'indigne Bernard Kron. Seule solution, que "le malade ait lui-même un masque efficace". Il s'agit d'un virus "lourd", ce qui justifie les distances de sécurité de 1m50 avec des personnes qui toussent. "Ce qui est dangereux, ce sont les gouttelettes qui sont projetées et qui tombent sur les surfaces, les tables, les poignets de porte, les robinets et les parquets", alerte Bernard Kron. "Ce virus peut survivre quelques heures à l'extérieur", poursuit-il, en prévenant que le gel hydroalcoolique pourrait "venir à manquer", faute d'alcool en France.

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