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Au lendemain des municipales, zizanie à gauche, appel à l'union à droite

Dans la foulée d'élections municipales sans vainqueur clair, chaque camp politique a tenté lundi de tirer les leçons du scrutin sur les alliances et les stratégies pour la présidentielle, entre zizanie à gauche et appel à l'union à droite.

Municipales
ROMEO BOETZLE - AFP

Dans la foulée d'élections municipales sans vainqueur clair, chaque camp politique a tenté lundi de tirer les leçons du scrutin sur les alliances et les stratégies pour la présidentielle, entre zizanie à gauche et appel à l'union à droite.

Favori des sondages pour 2027, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a revendiqué "la plus grande percée" de l'histoire du parti, qui a remporté des dizaines de petites et moyennes villes, notamment dans ses zones de force de l'arc méditerranéen et du bassin minier du Pas-de-Calais.

Si la formation d'extrême droite continue d'améliorer son implantation, siphonnant une partie des électeurs Les Républicains dans le sud, comme à Marseille ou Nîmes, elle reste faible dans les grandes villes, comme le prouve son échec à Toulon, et n'a pas réussi à conclure des alliances locales avec la droite.

Le député Jean-Philippe Tanguy a dénoncé lundi "la lâcheté de LR qui a refusé les fusions".

Mais la patronne des députés RN, Marine Le Pen, a estimé que son parti ne devait pas "ouvrir à droite" mais "à tous les Français". "Je ne m'adresse pas à l'électorat de droite ou à l'électorat de gauche, je m'adresse à tous", a-t-elle martelé, en se félicitant d'avoir "gagné plus de villes" qu'espéré.

Les Républicains peuvent eux se targuer, malgré des échecs à Paris et Lyon, d'avoir remporté plusieurs villes importantes: Clermont-Ferrand, Brest, Limoges...

"Dans beaucoup de villes, il y a la preuve que l'alliance de la droite républicaine et du centre fonctionne", s'est réjoui l'ancien Premier ministre Michel Barnier sur TF1.

Le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella, le 18 mars 2026 à Châlons-en-Champagne

Le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella, le 18 mars 2026 à Châlons-en-Champagne

Sameer AL-DOUMY - AFP/Archives

Valérie Pécresse compte d'ailleurs "demander des clarifications" au prochain bureau politique de LR à Bruno Retailleau qui avait lâché dans l'entre-deux tours le candidat Christian Estrosi face à Eric Ciotti, allié du RN et largement victorieux à Nice.

Selon elle, les poussées du RN et de LFI aux municipales plaident "pour une candidature unique de la droite et du centre face au chaos des extrêmes", une idée à laquelle est hostile Bruno Retailleau qui s'est déjà déclaré candidat.

Cette question promet d'agiter encore de nombreux mois l'espace allant de Renaissance aux Républicains, en passant par Horizons.

Le parti d'Edouard Philippe peut souffler après sa réélection au Havre. Selon les sondages, il reste en position de se qualifier au second tour dans la course à l'Elysée.

Le maire du Havre Edouard Philippe, le 22 mars 2026 au Havre

Le maire du Havre Edouard Philippe, le 22 mars 2026 au Havre

Lou BENOIST - AFP

Le parti macroniste Renaissance, s'il remporte moins de villes que la droite, a lui conquis Annecy et surtout Bordeaux, reprise aux écologistes.

Revigoré, son chef Gabriel Attal a souhaité tendre la main à droite et à gauche, avec une "pensée particulière pour tous ces Français de la gauche républicaine qui ont été absolument écœurés" par les accords entre le PS et LFI.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a pour sa part estimé que les urnes n'avaient "sacré personne", et défendu dans un courrier aux maires sa méthode des "compromis".

- "La tambouille ne fonctionne pas" -

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure (à droite) et le maire élu de Paris Emmanuel Grégoire, le 22 mars 2026 à Paris

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure (à droite) et le maire élu de Paris Emmanuel Grégoire, le 22 mars 2026 à Paris

GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP

Les débats les plus vifs ont lieu au sein du PS, après les défaites dans plusieurs villes où Insoumis et socialistes avaient fait alliance, par contraste avec les victoires à Paris ou Marseille où ils étaient restés seuls.

Interrogé sur 2027 lundi soir sur France 2, François Hollande a assuré qu'il y aurait "un candidat de la gauche réformiste", rejetant à la fois les alliances avec LFI et le projet de primaire PS-Ecologistes porté par le chef des socialistes Olivier Faure. Mais l'ex-président est resté une fois de plus évasif sur sa propre candidature.

Lors de ces municipales, dernier grand rendez-vous électoral avant la présidentielle, "La France insoumise nous a fait perdre", a fustigé le chef des députés socialistes Boris Vallaud.

"Beaucoup de Français n'ont pas compris quelle était la ligne" du PS, a-t-il ajouté, dans le sillage d'un Raphaël Glucksmann qui y voit la preuve que "la tambouille ne fonctionne pas".

Mis en cause, le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a esquivé ces critiques en mettant en cause "le boulet qu'est devenu Jean-Luc Mélenchon" pour expliquer, malgré un bon premier tour, les défaites des listes de gauche conduites par LFI à Toulouse ou Limoges.

Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, pose sur le plateau de France2, le 16 mars 2026 à Paris

Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, pose sur le plateau de France2, le 16 mars 2026 à Paris

Ludovic MARIN - AFP/Archives

Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a lui rejeté sur les socialistes l'échec des alliances dans des villes tenues par le PS comme Clermont-Ferrand et Brest.

"Les maires sortants ont subi un désaveu populaire d'une telle ampleur que les Insoumis, au second tour, malgré leur mobilisation, n'ont pas réussi à compenser", a-t-il argumenté, soulignant les victoires LFI à Roubaix, Saint-Denis, La Courneuve, ou encore Vénissieux.

sac-pol-far-la/hr/dch

Par Sami ACEF et Fabrice RANDOUX / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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