Analyse des eaux usées: "Cette approche a permis d'éviter un cluster dans au moins deux EHPAD que nous avons testés"

À Marseille, les marins pompiers "sillonnent les égouts" pour détecter le covid-19. Une "guerre de mouvement" menée depuis l’été dernier. Un dispositif test a d’ailleurs été mis en place depuis un peu plus d’un mois pour analyser les eaux usées de 200 maisons de retraite dans les Bouches-du-Rhône.

Les pompiers de l'unité des risques technologiques collectent des échantillons dans les égouts d'une maison de retraite à Marseille. (NICOLAS TUCAT / AFP)
Reportage Sud Radio de Stéphane Burgatt

 

 

Premier bilan encourageant pour le docteur Damien Thomas, directeur de recherche du laboratoire C4 diagnostic qui gère l’analyse de ces prélèvements:

"Cette approche a permis d'éviter un cluster dans au moins deux EHPAD que nous avons testés. Dans un endroit où la population est fragile, hautement à risque. Cette détection a permis de mettre en place toutes les mesures de désinfection, d'isolement avant même que les premiers symptômes n'apparaissent"

 

Seul bémol: en maison de retraite, certains pensionnaires sont incontinents et porteurs de couches. Mais peu importe, l’intérêt est ailleurs pour Emilien Chaya, directeur général du groupe Medeos. Trois de ses établissements sont encadrés par ce dispositif:

"La photo qu'on va faire ne concerne pas l'ensemble de nos usagers. Par contre, ça nous permet, par rapport à toute notre population salariale, aux visiteurs et aux familles, de nous assurer que ces derniers ne soient pas porteurs du virus. Donc ça nous permet vraiment d'avoir un éclairage de scène".

 

D’ailleurs, des souches ont été détectées dans les eaux usées d’un de ses EHPAD, ce qui lui a permis d’anticiper des séries de tests déjà programmées et de diagnostiquer plus tôt que prévu deux membres infectés de son personnel.