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Allongement du délai d’avortement : "cette loi ne va pas protéger les femmes"

Amina Yamgnane, gynécologue-obstétricienne (Paris et Neuilly), porte-parole du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), était l’invitée de Patrick Roger le 30 septembre dans l’émission « C’est à la une » sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

IVG

L’allongement du délai d’avortement de 12 à 14 semaines change-t-il quelque chose ? "Oui, c’est très différent, à la fois sur le plan de la technique chirurgicale et de ses conséquences", décrypte Amina Yamgnane, gynécologue-obstétricienne (Paris et Neuilly), porte-parole du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

 

Exactement les mêmes raisons qu'en 2001

"Les Anglais font cela et leurs statistiques sont extrêmement claires : quand on fait des IVG médicamenteuses au-delà de 12 semaines (14 semaines d’aménorrhée), on augmente le risque par 20. comparé à avant 12 semaines. Si l’on fait des IVG chirurgicales après 12 semaines, on augmente le risque de complications par dix à cent, en particulier les hémorragies maternelles et les lésions utérines qui mettent en péril la fertilité future des femmes. La bascule est entre 12 et 14 semaines."

L’argument de ce texte est de souligner que nombre de femmes n’auraient pas accès à des gynécologues, selon la députée Aurore Bergé ? "Je partage son constat, confie le porte-parole du CNGOF. Alors que nous avons un tissu sanitaire, la quasi-gratuité de soins, la possibilité élargie aux sages-femmes de les recevoir… C’est la charge de l’Etat, il faut le financer et l’organiser. Ce n’est pas le fait de reculer le délai qui va améliorer les choses, et ce exactement pour les mêmes raisons pour lesquelles on avait reculé ce délai en 2001 : parce que 3.000 à 5.000 femmes ne pouvaient pas avoir accès à l’IVG dans les délais impartis."

 

D'autres solutions pour venir en aide

"On se retrouve vingt ans plus tard avec la même problématique. Faire des IVG tardives, c’est compliqué pour les gynécologues, à la fois ur le plan technique, éthique et humain. 30% des gynécologues ont renoncé à faire des IVG, rendant le parcours de femmes d’autant plus compliqué", détaille Amina Yamgnane.

Quelle est la position du collège des gynécologues sur cette proposition de loi ? "Notre position est que cette loi, contrairement aux apparences, ne va pas protéger les femmes. Cela va diminuer leur accès à l’IVG et augmenter le risque de complications. Elle ne protège pas les gynécologues, qui vont faire le choix éthique de renoncer à faire des IVG tardives. On a pourtant des solutions pour venir en aide à ces femmes vulnérables : mineures de 15 ans, femmes battues, SDF, dans des situations de très grande précarité. Nous avons les moyens sur le terrain pour les aider. C’est un choix politique qu’il s’agirait de faire."

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