Abattoir polonais : 800 kg de viande de bœuf avariée ont été importés en France

viande boeuf
Benoît Assémat, inspecteur en santé publique vétérinaire, membre du SNISPV (syndicat des inspecteurs en santé publique vétérinaire), interviewé par Cécile de Ménibus et Patrick Roger dans "L’invité de l’actu" sur Sud Radio, à 8h10. AFP

Benoît Assémat, inspecteur en santé publique vétérinaire, membre du SNISPV (syndicat des inspecteurs en santé publique vétérinaire, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 4 février animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

"Le scandale est là, c'est révoltant, mais il ne s'agit que de 800 kg"

Benoît Assémat, inspecteur en santé publique vétérinaire, membre du SNISPV (syndicat des inspecteurs en santé publique vétérinaire), revirent sur le scandale de la viande avariée venue de Pologne. Comment se fait-il que les services vétérinaires n'aient pas pu déceler la fraude à l'import en France ? "Il n'y a pas de contrôle à l'import lorsqu'on est à l'intérieur du marché unique européen. Je ne sais pas si les autorités vétérinaires polonaises ont eu des manquements, mais au niveau national on ne peut pas dire grand chose, il y a beaucoup de marchandises qui circulent. Le scandale est là, c'est révoltant, mais il ne s'agit que de 800 kg. Ça révèle les difficultés qu'il y a sur la chaîne alimentaire d'assurer la transparence, la sécurité".

"Les filières alimentaires, comme les autres activités économiques, sont soumises à des risques de trafic, de fraude. Mais quand il s'agit de l'alimentation, on est beaucoup plus réceptif."

"Un FBI de l'alimentation pourquoi pas !"

Il faut maintenant comprendre pourquoi les crises se multiplient. "On est en même temps que le procès de la viande de cheval, 6 ans après et entre temps, nous avons connu d'autres scandales et il y en aura d'autres. Il faut savoir comment agir pour avoir plus de transparence, plus de sécurité sur des filières alimentaires qui sont devenues très complexes. À l'intérieur de l'Europe, il faut que chaque État membre renforce son dispositif de contrôle. En France, nous avons des efforts à faire car il y a plusieurs autorités de contrôle qui fonctionnent en parallèle. Renforcer l'organisation de la police de la chaîne alimentaire, la rendre plus efficace.

La coopération entre les pays d'Europe est quelque chose d'essentiel qu'il faut développer. Il y a un réseau d'alerte sanitaire et un de fraude, mais il faut aller plus loin. Un FBI de l'alimentation pourquoi pas ! Mais les contrôles ne seront jamais faits directement par l'Europe, ce sont les autorités de chaque État qui ont cette responsabilité. 

"Il faut renouer le lien entre les consommateurs et la chaîne alimentaire"

En France, les moyens ont considérablement baissé depuis 15 ans, parce qu'on a cru que le dispositif d'auto-contrôle pouvait permettre de se passer d'autorité de contrôle suffisamment important. On a baissé considérablement les effectifs dans les services de la répression des fraudes et dans les services sanitaires du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation. Il faut effectuer ce rattrapage, mais ça ne suffira pas, il faut qu'il y ait une police identifiée par le consommateur et par les acteurs de la chaîne alimentaire."

On ne voit malheureusement pas toujours la provenance de la viande sur les étiquettes, mais quand elle vient de Roumanie, de Bulgarie ou de Pologne, on peut avoir un doute. "Je comprends les attentes des consommateurs et la proximité, le local, c'est important. Il faut renouer le lien entre les consommateurs et la chaîne alimentaire. C'est une question de souveraineté, pour la France et pour l'Europe".

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