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À Limoges, les quartiers dépérissent et le personnel hospitalier souffre

Par Benjamin Jeanjean

Prenez la parole sur Sud Radio. Nos reporters sillonnent la France pour parler des sujets qui vous intéressent. Ce vendredi, Félix Mathieu est à Limoges, dans la Haute-Vienne.

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Bastion historique de la gauche depuis… 102 ans, Limoges a basculé à droite aux élections municipales de 2014. La préfecture compte neuf quartiers classés prioritaires, dont la Bastide, au nord de la ville. Avec un taux de chômage de 30% et un revenu médian d’environ 500€ par mois, la Bastide n’est pas franchement un aimant à entreprises… "Ça faisait deux semaines que j’étais arrivée, on m’a cassé toute ma voiture… Les entreprises ont du mal à vouloir se déplacer quand elles voient ça. Je suis venue avec ma tante parce que j’avais peur de sortir toute seule. Il y a des gens qui se sont fait cambrioler, les fenêtres sont cassées, les ascenseurs sont cassés… Là c’est vraiment parce que j’ai pas eu le choix, mais je cherche autre chose", raconte Angélique, une habitante.

Alors que Limoges comporte près de 30% de logements sociaux, la municipalité souhaite faire baisser ce chiffre à 20%. Une question de mixité sociale selon le maire Emile Roger-Lombertie (Les Républicains). "Dans les quartiers, plus du tiers de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté. Nous retravaillons avec l’ANRU l’ensemble de l’urbanisme total de la ville et des quartiers périphériques pour revenir vers une mixité sociale et pour que les gens reprennent l’habitude de vivre entre eux et non pas en communautés", explique-t-il.

Perdant des habitants depuis des années, Limoges voit en plus un certain nombre de fonctionnaires administratifs partir vers Bordeaux suite à la nouvelle carte des régions. Des conditions de travail dans la fonction publique, il en est régulièrement question au CHU de Limoges. En mars, quatre salariés ont effectué une grève de la faim pour dénoncer les sous-effectifs. "Il y a des collègues épuisés qui sont contraints de s’arrêter. Le résultat, c’est qu’on a aujourd’hui 500 agents absents par jour parce qu’ils sont malades. Par ricochet, c’est sur les usagers que ça va se reporter parce que malgré toute la bonne volonté des agents pour maintenir un service public de qualité, il y a quand même un impact. Des secrétaires médicales débordées pour taper les rapports des médecins, une infirmière qui court après le temps, une aide-soignante qui doit faire la toilette d’un patient ça nécessite du temps et du relationnel...", déplore Emeric Martin, préparateur en pharmacie hospitalière syndiqué CGT.

Une situation qui pourrait ne pas s’améliorer suite au projet d’Emmanuel Macron de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, même si le président élu avait promis pendant sa campagne de ne pas toucher aux personnels hospitaliers.

Retrouvez ici le reportage de Félix Mathieu à Limoges dans la Haute-Vienne, ainsi que l’interview de Florence Metge, secrétaire générale de la CGT du CHU de Limoges.

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