Ce mercredi, le bilan des noyades s'est encore alourdi. 48 personnes ont perdu la vie au cours d'une baignade depuis le début de la canicule. Un constat alarmant que déplorent la Fédération des Professionnels de la Piscine et du Spa (FPP) et la Fédération Française de Natation (FFN). Ces deux organismes réclament un plan national d'action pour favoriser l'apprentissage de la nage en France.
« On peut grandir sans jamais apprendre à nager et en mourir »
« En France en 2026, on peut grandir sans jamais apprendre à nager et en mourir. Chaque été, ces drames reviennent, suscitant une émotion légitime, mais trop fugace », alerte Gilles Sezionale, Président de la FFN. Cela faisant parfaitement écho à la situation actuelle. Pour lui, derrière ces tragédies individuelles, c'est une défaillance collective qui se dessine : l'apprentissage de la natation n'est toujours pas considéré comme une priorité nationale.
« Un Français sur six ne sait pas nager »
Un diagnostic que partage Stéphane Figueroa, Président de la FPP, qui pointe une réalité chiffrée inquiétante : « un Français sur six ne sait pas nager ». Pire, la situation pourrait encore se dégrader. « La moitié des piscines publiques sont aujourd'hui vétustes, parfois fermées temporairement ou durablement », rendant l'accès aux équipements « de plus en plus difficile, notamment dans les territoires ruraux et les quartiers populaires. »
Des inégalités territoriales qui creusent les écarts
Si l'apprentissage de la natation est inscrit dans les programmes scolaires depuis 1879, la réalité du terrain est bien différente selon les territoires. Créneaux insuffisants, infrastructures dégradées, manque de maîtres-nageurs : les enfants ne sont pas égaux face à l’eau.
Et avec la multiplication des épisodes de canicule, l'enjeu est énorme. Rivières, lacs et plans d'eau non surveillés attirent un public toujours plus nombreux, et souvent peu préparé. Dans ce contexte, ne pas savoir nager n'est plus seulement un handicap : c'est un facteur de risque majeur qui a déjà couté 48 vies cette année.
Quatre mesures d'urgence réclamées
Pour y répondre, la FPP et la FFN appellent à des décisions concrètes et rapides : un plan national de rénovation et de construction d'équipements aquatiques, en priorité dans les zones les plus fragiles ; la garantie d'un apprentissage effectif de la natation pour tous les enfants avant l'entrée au collège ; un soutien renforcé au recrutement et à la formation des maîtres-nageurs ; et le développement de solutions innovantes, comme les bassins mobiles ou les partenariats locaux.
« Le prochain drame n'est pas une fatalité. Il est, en partie, prévisible. Et donc évitable », concluent les deux fédérations.