13 heures de garde à vue pour avoir collé des dessins de Charb à Toulouse

À Toulouse, des militantes féministes ont été arrêtées lundi-soir pour avoir collé des affiches dans le centre ville: des dessins de Charb, représentant un postérieur nu à côté de l'inscription: "Et le cul de Mahomet, on a le droit?" Interpellées par des policiers municipaux puis emmenées au commissariat pour "délit d’affichage sauvage" elles passeront 13 heures en à vue. L’une d’elle a accepté de nous parler mais tout en gardant l’anonymat pour des raisons de sécurité.

(Fred TANNEAU / AFP)
Reportage Sud Radio de Christine Bouillot

 

Toutes se définissent comme activistes féministes: en réaction à l'assassinat de Samuel Paty, les membres du collectif "l'Amazone" décident de coller dans le centre-ville un millier de reproductions du dessin Charb. Et ce qui va choquer l’une d’elle, qui a accepté de témoigner sous couvert d'anonymat, c'est la réaction des passants:

"Beaucoup de critiques, de gens qui nous ont suivi, qui nous ont décollé nos feuilles. Nous avons aussi été agressées verbalement par des personnes que le message dérangeait."

 

Peu après 20 heures, ce sont des policiers municipaux qui viennent les interpeller... Et là aussi, la réaction est pour le moins surprenante:

"Le policier municipal nous a dit que la critique de la religion était un délit !"

 

Les trois militantes vont ainsi passer 13 heures en garde à vue. Mais dans les locaux du commissariat central, le discours de la police nationale n’est plus le même:

"Les policiers qui nous ont auditionné ont dit que c'était inadmissible que nous ayons été placés en garde à vue pour cela. Qu'il n'y avait aucune justification, que notre action était légitime, que nous avions le droit de critiquer la religion, que ça n'était pas une dégradation puisqu'il s'agit de feuilles de papier A4 collées à la colle à l'amidon qui s'en vont à la première pluie. Cela a été reconnu et écrit dans le procès verbal."

Libérées à midi, toutes ont fait l’objet d'un simple rappel à la loi pour affichage sauvage

 

"On refuse la loi de la terreur. La liberté d'expression, c'est super important. La critique de la religion est vitale"