Rugby : Florian Grill et Serge Blanco sur Sud Radio, la vision de la liste « Ovale Ensemble »

Florian Grill, tête de liste du collectif « Ovale Ensemble » et candidat à la présidence de la Fédération Française de Rugby, ainsi que Serge Blanco, membre du groupe de travail, étaient nos invités sur Sud Radio. Retour sur leur passage.   Invités de Sud Radio, au micro de Xavier Barret, Julien Plazanet et Arnaud Rey, Florian […]

Florian Grill, tête de liste du collectif « Ovale Ensemble » et candidat à la présidence de la Fédération Française de Rugby, ainsi que Serge Blanco, membre du groupe de travail, étaient nos invités sur Sud Radio. Retour sur leur passage.

 

Invités de Sud Radio, au micro de Xavier Barret, Julien Plazanet et Arnaud Rey, Florian Grill et Serge Blanco ont réagi à plusieurs grands thèmes proposés pour évoquer l’avenir du rugby en France, et avec en ligne de mire la prochaine élection à la présidence de la Fédération Française de Rugby. Ce qu’il faut retenir.

L'intégralité de leur passage :

 

Sur le volet politique à la Fédération

Sur le fait de savoir qui est le patron du rugby français, Florian Grille pense « que l’on se trompe si on fait le combat des chefs. L’une des erreurs de l’actuel président, c’est d’avoir démarré son mandat avec une logique de division, de séparation et de négociation. Il avait commencé par demander la tête du président et du directeur général de la LNR et trois ans après, ils sont toujours là. La tension est perceptible. Je considère que l’on ne manage pas comme ça. Il faut un minimum de confiance. Le rugby français a deux moteurs, la FFR et la LNR. Ce qui est dommage, c’est qu’il y a la stratégie de la Fédération et celle de la Ligue. Ce qu’il manque, c’est une stratégie du rugby. Il faut coupler les deux moteurs pour faire avancer le rugby. Le rugby gagnera si la Ligue et la Fédération travaillent ensemble. »

Au sujet de l’équipe de France, « il faut qu’un président préside et qu’un entraineur entraine… Pendant les trois premières années, on ne savait pas qui était le grand patron. Bernard Laporte, Serge Simon ou les différents entraineurs. Le rôle d’un président, c’est de mettre les bonnes personnes aux bons endroits, de fixer un cap, et de laisser faire, de faire confiance. L’interventionnisme permanent ne favorise pas la performance. »

Au sujet des finances, Florian Grill se dit « très inquiet des finances de la Fédération qui accumulé trois années de déficit d’exploitation. La trésorerie d’exploitation de la Fédération est passée de 50 millions quand l’actuelle gouvernance est arrivée, à 6 millions au 30 juin 2019. Elle est remontée car on a encaissé la billetterie de France-Irlande et qu’on n’a pas encore remboursé la billetterie et les loges. C’est factice. La réalité, c’est à peine un mois de fonctionnement. Je suis très inquiet. Au regard des finances actuelles de la Fédération, le projet de Grand Stade est mort et enterré. »

Serge Blanco s’est quant à lui exprimé sur la création – qui fait débat – d’une troisième division nationale. « Il y a un patron mais si le patron se trompe, que voulez-vous faire ? Il y a un patron du secteur amateur, c’est Bernard Laporte, la Ligue est sous la tutelle de la Fédération, donc il y a un patron. Sauf que quand le patron veut passer en force, c’est toujours difficile. Bernard s’est pris les pieds dans le tapis en commençant à dire qu’il n’y aurait pas de descentes et pas de montées cette année. Il a pris cette décision tout seul, elle est ce qu’elle est…Vous avez vu qu’il y a eu quelques démissions au sein de son équipe et d’un seul coup, on se retrouve embrumé, embrouillé avec une Fédérale 1 à 60 clubs ! Notre plus grand problème, c’est que Bernard dit que l’on va faire comme ça, puis il trouve que 60 ça fait beaucoup, donc qu’il faut passer en force deux clubs en Pro D2. Il prend un revers et derrière il invente une troisième division qui avait été supprimée à la demande de tous les clubs il y a quatre ans. Comment vous voulez que l’on fasse ? Comment voulez-vous mener le bal alors que l’on ne connait pas la musique et que l’on ne sait pas sur quel pied danser. Si le chef fait ce qu’il a envie, ça ne peut pas continuer… »

Sur la baisse du nombre de licenciés et la pratique

Florian Grill estime qu’il ne faut pas attribuer cette baisse « à l’équipe actuelle. Par contre, il n’y a pas non plus une stratégie à la Fédération qui centre et qui met les priorités sur la relance des licenciés. Sauvegarder les clubs, ce n’est pas juste un enjeu sportif, c’est clairement un enjeu de société. Dans la vision que l’on développe, un club de rugby c’est aussi accompagner des gamins, les aider à se construire. Le club est un lien entre individus. Le plus petit club de 4e série nous intéresse. Les sauvegarder, c’est une nécessité vitale. La relance des licenciés doit se situer à ce niveau. La désertification du rugby qui est en marche peut faire peur. Le rugby dans les écoles de rugby n’est pas le Top 14 ! Mais qui le sait ? La FFR comme le vélo, qui fait de la communication pendant le Tour de France, aurait dû communiquer pendant la Coupe du Monde ou le Tournoi des VI Nations, avec des spots à la télévision. (…) Le premier axe, c’est vraiment de communiquer pour rassurer les parents. (…) On a changé le logo de la FFR, ce n’était pas la priorité quand on perd 45 000 licenciés. On aurait dû dépenser notre argent ailleurs. »

La discussion évolution ensuite sur la pratique, et Florian Grill pense que  « l’on ne peut pas diriger la FFR en faisant uniquement des annonces. Ce qui est important, c’est la qualité de l’exécution derrière. Il faut communiquer pour rassurer les parents. Qui est vraiment au courant ? La communauté des gens du rugby. Il faut annoncer un grand plan avec l’éducation nationale mais la FFR met 0,5% de son budget (400 000 ou 500 000 euros) sur le scolaire… Il faut revenir à la base et réinvestir le scolaire, où l’on a complètement disparu. On veut multiplier par dix l’investissement dans le scolaire, à hauteur de 4 millions d’euros. La durée moyenne d’une licence est de deux ans et trois mois. Si on passe à trois ans, on augmente de 25% le nombre de licenciés dans les écoles de rugby. La priorité, c’est la fidélisation des gamins avec des éducateurs mieux formés. 70% des éducateurs ne sont pas formés ! Notre objectif est de passer de 30 à 80% d’éducateurs formés. On veut un projet de jeu basé sur le rugby de mouvement et le chapeau de tout ça doit être la communication pour rassurer les parents. Je préfère mettre l’argent de la FFR sur le scolaire, l’aide aux bénévoles et la communication pour rassurer les parents plutôt que la mettre dans des augmentations de charges de personnels qui sont considérables ou dans un changement de logo. On est passé en trois ans de 19 millions d’euros de charges à 32 millions d’euros, soit 65% d’augmentation de charges de personnels. »

Serge Blanco précise que « nous voulons amener une vision sur le jeu qui soit totalement différente et qu’elle perdure de l’école de rugby jusqu’à l’équipe de France. Il faut mettre une pyramide et que son reflet, ce soit l’équipe de France. (…) La vision que nous avons, c’est le partage. Il faut faire comprendre à un gosse qu’il n’est pas "un", mais "une". C’est une équipe ! Les uns sans les autres, on ne peut pas jouer. De mon temps, les gens parlaient de passage du ballon ou d’évitement. (…) Si on a cette vision, où on entend les éducateurs prôner le bon jeu, le jeu au large, le soutien, on aura gagné mais il faut former les éducateurs et tous ne vont pas au terme de leur formation. Il faut les aider en leur prouvant que le rugby est un sport d’évitement, et il faut préserver les clubs qui permettent à leurs éducateurs d’être formés. Aujourd’hui, 30% des éducateurs formés s’en vont ensuite chez le concurrent. »

Florian Grill reprend et ajoute que « tout ne se résout pas avec l’argent. Le plan qui va être voté en Assemblée Générale, consistant à suspendre les versements sur le fonds d’assurance pour les grands blessés pendant une saison un quart est une bonne décision. Le fonds va donc baisser de 60 millions à 35 millions et on aura moins de réserve. C’est de l’argent qui avait été mis de côté par les clubs. On a l’impression que la Fédération fait un chèque mais l’essentiel de la somme est de l’argent prélevé sur un fonds. Il faut dire la vérité. Le rugby va souffrir de la crise actuelle. Dans une période comme ça, ce que la Fédération aurait dû faire, c’est dégonfler la bulle en incitant les clubs à faire attention et à se préparer, à se projeter dans le temps. Ce qu’il manque, c’est un plan pour relancer le nombre de licenciés et de bénévoles. Il faut mettre les priorités là où elles sont et retrouver de la proximité dans les grandes ligues. Ça ne sert à rien de rembourser des kilomètres et de leur en faire faire plus… »