Guy Novès : "Les dirigeants ont tout fait pour m'écœurer et pour me rendre la tâche difficile"

Guy Novès, ancien sélectionneur du XV de France ©FRANCK FIFE - AFP

Guy Novès, l'ancien sélectionneur du XV de France, était l'invité du Grand Matin Sud Radio.

Un mois après son licenciement pour faute grave, il "n'[a] pas digéré".

L'ancien sélectionneur du XV de France, Guy Novès, était l'invité, ce vendredi, du Grand Matin Sud Radio, à la veille de l'ouverture du Tournoi des 6 Nations avec le match entre la France et l'Irlande.

 

 

"On ne digère pas un licenciement, quel qu’il soit, le mien ou une personne lambda, a expliqué l'ancien entraîneur du Stade Toulousain. Je n’ai pas digéré. Je vis avec et j’essaye progressivement de retrouver un peu mon honneur."

Un honneur qu'il estime bafoué par les relations difficiles qu'il a entretenu avec la Fédération française de rugby, après l'arrivée, à sa tête, de Bernard Laporte.

Bernard n'est pas un ami, je le sais. Et je ne suis pas son ami, il le sait

"Bernard n’est pas un ami, je le sais. Et je ne suis pas son ami, il le sait. Mais en ce qui me concerne, nous pouvions travailler ensemble avec, de ma part, une très grande loyauté, ce qui a été le cas pendant un an", avant que les choses ne se délitent, avec des choix qui lui ont été imposés, comme d'envoyer des joueurs du XV de France à Mayotte juste avant les tests-matchs d'été en Afrique du Sud, où en plaçant une rencontre en pleine semaine, en novembre dernier, imposant une semaine trop chargée pour pouvoir être compétitif. S'agissant de cette dernière tournée automnale, il estime d'ailleurs que, sans ce match contre la Nouvelle-Zélande en pleine semaine à Lyon, le XV de France l'aurait emporté contre l'Afrique du Sud le samedi suivant, au lieu de perdre d'un point.

"J’avais l’impression que les dirigeants faisaient tout pour m’écœurer et me rendre la tâche difficile. Comme je suis un compétiteur, j’essayais de faire abstraction de tout ça, mais petit à petit, les choses se sont délitées et ont amené la situation d’aujourd’hui", a-t-il expliqué.

Je pense que je vais regarder l'équipe de France. J'ai encore beaucoup d'affection, notamment pour les joueurs

Finalement licencié pour faute grave fin décembre, en plus d'une absence de résultat qu'il conteste, faisant valoir la 3e place ex-aequo dans le Tournoi des 6 Nations 2017, "meilleur résultat depuis 5 ou 6 ans", Guy Novès n'entend pas en rester là : "J’ai bien compris que les choses ne se sont pas passées correctement. Mon conseil m’a bien fait comprendre qu’on ne pouvait pas laisser les choses en l’état, qu’il fallait réagir. Au-delà de mon conseil, il y a mes proches, ma famille, mes enfants, mon épouse et toute ma famille qui ne comprennent pas, comme les milliers de personnes qui me soutiennent. J’attends de retrouver mon honneur."

 

D'ici-là, il suivra ce Tournoi des 6 Nations devant sa télévision : "Je pense que je vais regarder l’équipe de France, oui. J’ai beaucoup d’affection, notamment pour les joueurs. On ne peut pas se concentrer sur une équipe, donner tout ce qu’on peut donner et l’oublier du jour au lendemain."

Je lis qu'il y a beaucoup de changements dans le XV de France, mais finalement, il n'y en a qu'un. Et le petit Jalibert faisait évidemment partie des plans que nous avions mis en place

Quel regarde porte-t-il sur Jacques Brunel, son successeur ? "Je lis qu’il y a beaucoup de changements et, finalement, il n’y en a qu’un parce que tous les autres joueurs ont joué pendant mon mandat. Le petit Jalibert faisait évidemment partie des plans que nous avions mis en place, il serait venu de toute façon. Et le fait de dire que l’Équipe de France doit sortir de Marcoussis pour respirer et va préparer un match du Tournoi à Aix-en-Provence, c’est moi qui ait mis ce projet en place. L’année dernière, nous sommes allés à Nice, l’année d’avant à Canet-en-Roussillon. Donc délocaliser l’équipe de France, ce n’est pas nouveau."

Écoutez l'interview de Guy Novès, invité du Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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