Chien maltraité dans le Gard : "Je ne comprends pas, c'est machiavélique, vicieux, tordu"

Le chien, appelé Rocky, a subi de nombreuses blessures (©Facebook @melericdedousa)

Ce mercredi s’ouvre au Tribunal de grande instance de Nîmes (Gard) un étonnant procès sur fond de maltraitance animale. Un fait divers remontant à décembre dernier qui a eu un certain retentissement sur les réseaux sociaux.

C’est une sordide histoire qui s’est déroulée le 29 décembre dernier sur la commune de Saint-Étienne-des-Sorts (Gard). Un chien nommé Rocky a ainsi été volé dans le jardin de son propriétaire puis traîné derrière une voiture sur plusieurs centaines de mètres. Hospitalisé d’urgence dans une clinique vétérinaire, le chien survit mais gardera des séquelles à vie de cet acte de cruauté physique également teinté de dimension morale. Car le voisin venu alerter Éric de Souza, propriétaire du chien, s’est avéré être ni plus ni moins que… le tortionnaire présumé, selon plusieurs témoins ! Une double malfaisance que ne comprend pas du tout Me Isabelle Terrin, avocate au barreau de Marseille, qui défend les intérêts d’Éric de Souza dans cette affaire.

"C’est de la cruauté gratuite !"

"On peut se poser la question de l’intérêt de faire ce genre de choses… C’est de la cruauté gratuite ! On a du mal à comprendre la motivation. Le parquet a ordonné une expertise psychiatrique, et celle-ci ne donne aucun élément nous permettant de comprendre ce qui a motivé cette personne. Le psychiatre assure que ce monsieur est tout à fait normal, rationnel et cohérent. Il dit même que cette personne est difficilement compatible avec ce qui lui est reproché ! J’espère que cette audience va nous livrer la clé de l’énigme. Je ne comprends pas ce qui a poussé ce monsieur, qui n’a pas de casier judiciaire, à faire du mal à un chien et à aller voir son maître pour lui annoncer que son chien était blessé. C’est ça qui est machiavélique, vicieux, tordu", s’interroge-t-elle au micro de Sud Radio.

"L’homme n’a pas un droit de vie et de mort sur les animaux"

Alors que le prévenu encourt 30 000 euros d’amende et deux ans de prison, l’avocate attend impatiemment cette audience. "Je ne sais pas comment le tribunal va gérer cette affaire. Ce que j’espère, c’est qu’il y ait quand même une peine de prison. Les animaux sont des êtres purs, innocents. L’homme n’a pas un droit de vie et de mort sur les animaux, et encore moins sur ceux des autres ! Mon client est très affecté par cette affaire, il a vraiment l’impression d’avoir été utilisé. Il a été manipulé. Quand ce monsieur lui a ramené le chien, il lui a dit qu’il allait très bien et que ce n’était pas la peine de l’amener chez le vétérinaire. Vous vous rendez compte ? (…) Quelles que soient les motivations de ce monsieur, qui seront certainement révélées par ce procès, il a fait beaucoup de mal à ce chien, sans aucune raison. Il ne connaissait même pas son propriétaire ! On aurait pu penser à une vengeance, mais pas du tout...", souligne-t-elle.

Propos recueillis par Steven Gouaillier

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Michel Ange
- Mercredi 14 février 2018 à 15:26
Quelquefois, quand je lis l'actualité, j'ai honte d'appartenir à la race dite "humaine". Mais comment peut-on en arriver là, à cette immonde cruauté purement gratuite.
Quand j'ai perdu mon chien de vieillesse j'ai pleuré comme un enfant de 5 ans, à ce jour je n'arrive pas à terminer mon deuil.
Ces énergumènes là sont de la pire espèce sur terre, à éliminer.

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