Le procureur de la République a annoncé ce mercredi soir que Nordahl Lelandais a avoué le meurtre de la petite Maëlys et que les restes de l'enfant ont été découvert.

Après six mois de silence, Nordahl Lelandais a été entendu mercredi à sa demande par les magistrats et conduit pour la première fois sur les lieux où pourrait se trouver le corps de la petite Maëlys, où des fouilles étaient menées par les gendarmes. Une trace du sang de la fillette a été découverte dans la voiture du suspect.

"Ce soir, les parents ne sont plus dans l'ignorance, ils savent que leur fille est morte, qu'elle a été tuée", a indiqué Jean-Yves Coquillat, le procureur de la République de Grenoble ce mercredi soir. Nordahl Lelandais a reconnu avoir tué la petite Maëlys et a aidé les policiers dans leurs recherches qui ont permis de retrouver, ce mercredi, le corps de la fillette. "Il a indiqué qu'il avait tué involontairement, c'est son terme, la petite Maëlys, et qu'il s'était débarrassé du corps. Il a refusé pour l'instant de s'expliquer sur la façon dont cette mort involontaire, toujours selon lui, avait eu lieu", a poursuivi le procureur.

Jusqu'à présent, l'ancien maître-chien de 34 ans avait farouchement nié son implication dans la disparition de la fillette dans la nuit du 26 au 27 août, lors d'une fête de mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère).

Extrait de sa cellule mercredi matin, Nordahl Lelandais a été entendu à sa demande par les juges d'instruction au palais de justice de Grenoble avant d'être conduit à la gendarmerie de Pont-de-Beauvoisin.  

Après y être resté environ une heure, Nordahl Lelandais, accompagné de M. Coquillat, du vice-procureur de Grenoble, des juges d'instruction et de son avocat Me Alain Jakubowicz, a été transporté "sur un autre lieu" à la mi-journée, selon la gendarmerie, qui s'est refusée à plus de précisions pour le bon déroulement de l'enquête.

Me Jakubowicz a, à son tour, pris la parole, quelques minutes après le procureur : "Des éléments nouveaux dans le dossier m'ont conduit à me rendre immédiatement à la maison d'arrêt pour rendre visite à mon client. Le rôle d'un avocat n'est pas d'obtenir des aveux, mais d'accompagner ce client lorsque nous sommes dans la recherche de la vérité. C'est ce que je fais depuis le début. Nordahl Lelandais a été entendu ce matin, brièvement. Il était en pleurs, totalement anéanti. Ce n'est pas facile de dire la vérité, mais c'est toujours libérateur. Il a indiqué que la mort de Maëlys était accidentelle. Il n'a pas souhaité s'exprimer sur les circonstances de cette mort. L'enquête doit se poursuivre. Nordahl Lelandais aura à répondre à de nombreuses questions. Il sera entendu prochainement sur les circonstances dans lesquelles cette mort est survenue. Je serai là pour l'assister parce que c'est mon rôle."

D'importants moyens sur le terrain

Un convoi de près d'une dizaine de véhicules de gendarmerie, dont celui de l'identification criminelle, a été vu se diriger vers Domessin (Savoie), résidence du suspect et de ses parents, avant de poursuivre sa route vers la commune savoyarde de Saint-Franc.

D'importants moyens étaient parallèlement déployés sur le terrain.

De source proche de l'enquête, le laboratoire mobile et une vingtaine d'experts de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) sont sur place (médecin légiste, généticien, spécialistes en traces de transfert...) afin de pouvoir identifier au plus vite les résultats des fouilles menées dans plusieurs lieux, dont une forêt dans la région accidentée de Saint-Franc. 

Plusieurs indices accablaient depuis près de six mois l'ancien militaire, unique suspect de l'enlèvement et du meurtre la fillette de 8 ans, dont une trace ADN de Maëlys retrouvée dans son véhicule et des images de caméra de surveillance filmées dans la nuit de sa disparition. 

Ces dernières montrent une voiture identifiée par le parquet comme celle de Lelandais, avec à son bord "une silhouette frêle dans une robe de couleur blanche" comme celle que la petite fille portait ce soir-là. Ses parents "ont reconnu des éléments de la robe et notamment la bretelle", selon leur avocat Me Fabien Rajon.

Depuis, une nouvelle trace de la fillette a été retrouvée dans le véhicule, selon une source proche du dossier.

La défense, de son côté, contestait jusqu'ici la chronologie des faits reprochés au suspect mis en examen pour le meurtre de Maëlys le 30 novembre à l'issue de huit heures d'interrogatoire.

Nordahl Lelandais a été également mis en examen le 18 décembre pour l'assassinat du caporal Arthur Noyer en Savoie en avril.

Sa remise en liberté a été refusée le 24 janvier, ce qu'a confirmé la cour d'appel le 9 février.

Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio