Retranscription des premières minutes :
- Et comment va la planète ? Nous avons mis près de 200 pays réunis pendant 2 semaines à Erevan, en Arménie, pour sauver la biodiversité.
- Ravi de vous accueillir, Feriol Delmas. Bonjour. Bonjour, Jean-François Kili. Merci pour l'invitation.
- Alors vous êtes directeur général du think tank écologie responsable. Alors c'est très curieux, parce qu'aujourd'hui, vous avez vu les questions de baisse des prix du pétrole.
- Les personnes manifestent massivement dans les rues parce qu'il y a le coût de la vie et tous ces sujets. Nous avons l'impression que la planète passe un petit peu à l'as aujourd'hui, avec les préoccupations immédiates des Français et ailleurs. C'est la même chose. Cette COP17 qui s'est achevée, y a-t-il eu un accord ? Alors il faut bien différencier. La COP17, c'est la biodiversité. Et l'autre COP, c'est le climat. Et l'autre COP, qui est la COP sur le climat. Exactement.
- C'est le climat. Il faut le savoir. En fait, vous avez même 3 COPs. Vous avez la COP biodiversité, la COP climat et la COP désertification, dont on parle encore moins que la COP biodiversité.
- C'est vrai. Alors qu'est-ce qui est ressorti de la COP17 ? Alors c'est un sujet qui est un peu particulier, parce que moi, j'avais eu la chance d'aller à la COP15 sur la biodiversité, qui était à Montréal déjà. Et il y avait le grand accord, qui était le plan 30x30.
- C'est-à-dire que d'ici 2030, on devait protéger 30% des espaces de biodiversité dans le monde. Donc c'est par exemple la grande barrière de corail, etc.
- Et là, les pays à Erevan se sont mis d'accord sur le fait de continuer cet accord de la COP15. Donc c'est un peu un accord à minima.
- C'est-à-dire qu'on est en train de dire « Ah, ben en fait, on n'est pas allé assez loin dans ce qu'on a fait lors de la COP15. Les objectifs ne sont pas atteints.
- Donc continuons dans cette lancée ». Globalement, très thématiquement, c'est ça.
- Pour vous donner un exemple, vous avez un livre de George Orwell qui parle de pauvres à Londres qui, pour toute la journée, pour les occuper, vont d'un point.
- C'est-à-dire qu'il y a un endroit où on les nourrit. Et le soir, ils doivent aller dans un autre endroit où on les nourrit. Et la COP, c'est un peu ça.
- C'est-à-dire que pour occuper les pays, on va de COP en COP, mais pour nourrir un peu les pays et nourrir le débat, mais de manière un peu absconce, puisque finalement, ça parle à personne.
- Et on ne comprend pas vraiment les résultats obtenus.
- C'est vrai qu'il faut vulgariser cette histoire. Ferréol Delmas, ça coince sur les financements, j'imagine ? Oui, bien sûr. En fait, vous avez l'IPBS, qui est un peu le GIEC biodiversité, qui explique qu'il faudrait 7 000 milliards d'euros pour pouvoir vraiment remettre la biodiversité à niveau, si je peux dire ça comme ça.
- On en est très loin. Et le grand sujet, c'est qui paye.
- Est-ce que c'est les pays riches qui payent ? Est-ce que c'est les pays pauvres qui payent ? Et le sujet des contributeurs, il est sur la base du bénévolat. Donc à partir de là, on peut faire ce qu'on veut, mais le vrai sujet, il est financier.
- Oui, c'est qui paye. Vous disiez tout à l'heure, 3 fois 30, 30% de la planète à protéger d'ici 2030 et restaurer aussi 30% des écosystèmes dégradés.
- Ferréol Delmas, vous êtes inquiet pour la planète, pour cette biodiversité ? On est toujours forcément inquiet parce que quand on voit les feux de forêt, et puis en fait, le sujet aussi, c'est quand on voit les feux de forêt que nous avons connus en France dernièrement et en Europe, voire dans le monde.
- En fait, le sujet, c'est de protéger la biodiversité, mais aussi anticiper ces phénomènes. Et nous revenons sur les mêmes débats droite-gauche ou par exemple sur les forêts pour protéger.
- Il y a bien sûr la faune, mais il y a la flore à protéger. C'est qu'en fait, il faut par exemple gérer la forêt. Et gérer une forêt, ce n'est pas juste la laisser vivre comme...
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