Retranscription des premières minutes :
- Allez, comme annoncé, comment va la planète quand la canicule perturbe les vendants ? J'ai le plaisir de vous accueillir. Bonjour, Mathieu Dengin.
- Bonjour. Bonjour. Vous êtes viticulteur et exploitant du domaine Bruno Dengin. C'est à Molay... Alors on dit Molesme ou Molème en Côte d'Or ? Molème. On dit pas l'ES. On enlève l'ES. Allez, vous jouez le bar comme ça. Je ferai pas la faute à l'antenne. Mathieu Dengin, c'est quelque chose que nous entendons dans beaucoup de régions. Vous avez, vous, un millésime exceptionnel. Peut-être des bouteilles qui vont peut-être se raréfier parce que les vendages sont perturbés par la canicule. Vous le confirmez ? Ah oui, tout à fait. Ça fait plusieurs années qu'on voit que le réchauffement climatique impacte notre travail.
- Les récoltes sont vraiment de plus en plus tôt. Je vois mon père, il est des vignerons. Il a commencé en 1976. Et lui, les vendanges, c'était en octobre.
- Octobre. Maintenant, c'est toujours en août. Donc sur une génération, on a décalé de plus d'un mois la date des récoltes.
- Nous sommes passés de octobre en août. Mais c'est phénoménal. Et cette année, nous, on a commencé le 11 août. C'est fou.
- Donc c'est quand même affolant. Donc vous nous dites, Mathieu Dengin, que ce phénomène-là, c'est-à-dire qu'on commence bien plus tôt et peut-être que ça va encore s'aggraver. Est-ce qu'il y a un impact sur les volumes récoltés ? Ah oui. On a déjà eu le problème du gel de printemps chez nous, qui a déjà impacté la moitié de notre vignoble. Mais après, même sur les autres parcelles, les coups de choc qu'on a eus, plus la sécheresse, ça a vraiment impacté. Les jeunes vignes ont eu beaucoup de mal.
- Les vieilles vignes qui ont un système racinaire beaucoup plus implanté n'ont pas trop mal supporté. Mais ça a fait mûrir les raisins beaucoup, beaucoup plus tôt, avec en conséquence une concentration en alcool.
- Le futur beaucoup plus importante, parce que la concentration en sucre a été démultipliée cette année. Concrètement, Mathieu Dengin, je rappelle que vous êtes à Molème, voilà, en Côte d'Or. Vous, qu'est-ce que ça donne, la sortie ? Vous avez toujours des bons millésimes et vous avez des volumes de production réduits ou pas ? Oui. On fait entre 20 et 30 % de ce qu'on aurait pu faire une année normale cette année. Attendez. Vous voulez dire que vous ne produisez que le tiers ? Oui. Ah, c'est un sujet...
- Malheureusement, oui. C'est sûr qu'économiquement, le coût de production, il explose dès qu'on fait 20-30 % de ce qu'on devrait faire, parce qu'on a fait le même travail sur toute l'année.
- Qu'est-ce qui va changer ou qu'est-ce qui a déjà commencé à changer dans votre façon de produire, Mathieu Dengin ? Qu'est-ce qui a changé ? Qu'est-ce que vous vous dites ? « J'ai réduit la voilure », « Je me diversifie », « Je fais autre chose ». Quelle est l'idée ? Oui, on y pense, à la diversification. C'est vrai que ça fait un peu peur.
- Quand on voit les projections, comment on a changé déjà depuis nous ? Parce que je travaille avec mon épouse. Depuis qu'on travaille, comment ça a changé ? Si on se procède dans 20, 30, 40 ans, pour les futures générations, on se demande si on arrivera toujours à faire du vin effervescent, du champagne, du crément là où on est.
- Donc c'est vrai que c'est un peu compliqué.
- Parce que vous vous dites dans une génération, grosso modo, « Est-ce que moi, Mathieu, je vais produire encore les mêmes vins dans Lyon ? » Quoi ? Vous avez une inquiétude ? Sur le fait de produire, ne serait-ce que même une petite... On va dire un petit volume, une petite récolte. Même ça, c'est menacé ? Non.
- Oui. Alors nous, on est en Côte d'Or.
- Attention.
- Bah oui.
- On est en Côte d'Or. Et oui, le profil des vins change. Alors après, nous, on a un terroir pour faire des vins effervescents.
- Oui.
- Et pour les vins effervescents, il faut de la fraîcheur. Mais avec ce réchauffement climatique, on a de plus en plus de mal...
Transcription générée par IA