Retranscription des premières minutes :
- Allez, comment va la planète, la vie chère, les manifestations, la crise politique, la bataille du budget ? Et pendant ce temps, une autre urgence, il faut le dire, semble avoir quelque peu disparu des préoccupations du moment.
- Le changement climatique, pourtant, chaque été apporte son lot de canicules, d'incendies, de catastrophes.
- Et l'ONU vient de tirer une nouvelle fois la sonnette d'alarme avec les engagements actuels des États.
- La planète se dirige vers un réchauffement de 2,6 degrés d'ici la fin du siècle.
- Bonjour à vous et bienvenue, Jean Jouzel.
- Bonjour.
- Jean Jouzel, ravi de vous avoir ce matin, climatologue ancien, vice-président du GIEC.
- Jean Jouzel, cette annonce de l'ONU de ce réchauffement à 2,6 degrés d'ici à 2100, voire 2,8 si les politiques ne changent pas, est-ce que nous sommes en train de perdre, Jean Jouzel, la bataille du climat ? Oui, je crois.
- Ce n'est pas une surprise.
- Là où nous en sommes, il n'y a aucun effort réel de fait actuellement pour améliorer les trajectoires.
- En fait, nous partons, oui, comme vous le dites, vers 2,8 degrés, peut-être 3 degrés dans la seconde partie de ce siècle.
- Il faut se rendre compte que c'est deux fois plus que le réchauffement que nous avons connu jusqu'ici, 1,5 degré à peu près, sur les trois dernières années.
- Et les conséquences sont déjà là, 1,5 degré.
- Il faut bien comprendre.
- Il faut bien comprendre que le double 3 degrés, ce sont vraiment des conséquences très importantes pour les jeunes d'aujourd'hui, dans la seconde partie de ce siècle.
- Et c'est quelque chose qu'il faudrait tout faire pour éviter.
- Mais le rapport nous dit que nous n'en sommes pas là.
- Nous sommes plutôt vraiment vers les 3 degrés si nous ne faisons pas d'efforts supplémentaires d'ici très rapidement à échéance de la prochaine décennie.
- Jean Jouzel, il faut alerter ceux qui nous écoutent.
- Et je suis très heureux de vous avoir ce matin, même si c'est très bref.
- Et nous aurons le loisir de vous inviter, réinviter plus longuement et de façon plus posée.
- Mais c'est très bien de se faire des piqûres de rappel, si je puis dire.
- C'est un peu comme la charge de la dette.
- On vous parle d'excellence lointaine, mais ça arrive tout de suite.
- Ces canicules, Jean Jouzel, que nous avons éprouvées cet été, vont arriver à répétition.
- Les scientifiques, comme vous, alertent les gouvernements.
- Vous avez l'impression que tout le monde fait la sourde oreille ? Oui, un peu, malheureusement, par rapport...
- Les conséquences sont là.
- Les canicules vont devenir plus intenses, plus fréquentes.
- J'ai ça simplement à dire que ce que nous vivons aujourd'hui, c'est ce que notre communauté envisage depuis une cinquantaine d'années.
- Moi, je travaille dans ce domaine depuis les années 80, les années 70.
- Eh bien, disons, l'accélération d'élévation du niveau de la mer, deux fois plus rapide qu'il y a trentaine d'années.
- L'intensification des événements extrêmes que nous vivons, c'est ce que nous envisageons.
- Et l'alerte est toujours là.
- C'est-à-dire que...
- Nous sommes très clairs, si rien n'est fait pour, disons, maîtriser le réchauffement climatique, vraiment, eh bien, les trajectoires se poursuivront, les événements extrêmes, qui sont, en fait, à l'origine des conséquences les plus importantes du réchauffement climatique, les canicules.
- On a, voilà, on a 50 000 morts en Europe, dans les principales villes européennes, et encore, c'est probablement plus à l'échelle européenne entière, l'été dernier.
- Les conséquences sur des faits irréversibles, des points de non-retour, tout cela, c'est là, et l'alerte est effectivement toujours là, de plus en plus claire pour nous.
- Et quand on dit... Le problème, pour moi, c'est que, quand on parle de 2,6 degrés, c'est en faisant abstraction de la politique actuelle de Donald Trump.
- Donald Trump pousse à une utilisation des combustibles fossiles encore plus importante que celle envisagée dans les rapports des Nations Unies.
- Et dans ce cas-là, on pourrait aller au-delà des 3 degrés.
- Ce n'est pas exclu, c'est bien ça, le problème.
- Et quand on parle de 3 degrés, c'est 4,5 degrés.
- La France est plutôt 5 degrés l'été, avec des records de température qui, eux, augmentent encore plus rapidement.
- C'est vrai que c'est un retour triomphal du...
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