Retranscription des premières minutes :
- Le réseau des chambres de métier de l'artisanat, artisan de la nouvelle économie, présente Sud Radio C'est ça la France, Nathalie Schrengerma Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans C'est ça la France, l'émission qui met en lumière ceux qui font bouger nos territoires.
- Aujourd'hui on reçoit une femme qui s'est lancée dans un projet fou, relancer la culture de la rose de bouche en France.
- Juliette Anglade a recréé de toutes pièces une filière qui avait totalement disparu depuis le Moyen-Âge.
- Ce n'est pas de la décoration, c'est de l'agriculture, du goût, du patrimoine.
- Elle a redonné vie à des variétés historiques pour en faire des produits d'exception.
- Alors comment passe-t-on d'une ancienne vie à la terre ? Comment remonte-t-on une filière de zéro ? On en parle avec elle.
- Sud Radio C'est ça la France Merci d'être avec nous au micro de Sud Radio, Juliette Anglade, comment allez-vous ? Très bien, merci, c'est le printemps, les fleurs sont là.
- Ah oui, les fleurs, c'est vrai.
- Votre nouvelle passion ? Alors, Juliette, avant les roses, vous aviez une autre vie.
- Expliquez-nous un peu quel a été le déclic, le moment précis où vous avez décidé de tout quitter pour devenir agricultrice ? Oui, alors j'étais chercheuse à l'INRA, l'Institut National de la Recherche Agronomique.
- Je m'occupais déjà de questions agricoles, mais j'avais envie d'aller plus loin dans ce qu'on pouvait faire concrètement pour refaire vivre une agriculture moderne qui répond aux attentes des...
- des consommateurs, qui soit aussi l'excellence à la française.
- Et il y a eu un déclic autour de la rose qui a été cultivée dans le jardin familial par ma grand-mère, par ma mère.
- Et puis la rose en bouche aussi.
- Parce que quand j'étais enfant, Pierre Hermé a créé un gâteau qui s'appelait l'Ispaon, qui associe la rose...
- Qui est toujours là d'ailleurs, qui est toujours proposé.
- Qui est toujours là, c'est son gâteau phare.
- Voilà, donc c'est rose litchi framboise.
- Et bien il l'a créé dans mon salon, parce que mon amant écrivait son premier livre, Plaisir sucré, voilà.
- Et donc un jour, je me suis dit, tiens, il y a beaucoup de choses qui correspondent.
- J'avais un patrimoine familial, une bâtisse historique dont il fallait aussi penser l'avenir.
- Il y avait tous ces rosiers dans le parc.
- J'étais à Washington en tant que chercheuse et j'ai eu un déclic.
- Je me suis dit, il faut rentrer, on ne peut pas laisser ce patrimoine sous des immeubles.
- Il y a des projets d'urbanisation, il faut sauver les roses.
- Il faut sauver les roses, parce que ça a un vrai changement de vie.
- Vous quittez Washington, vous arrivez dans la campagne de Metz, c'est ça ? Oui, c'est ça. Je suis autour de Metz, à quelques kilomètres au sud de Metz, sur les coteaux de Moselle, qui ont une très longue histoire d'arboriculture fruitière.
- C'était le pays de la fraise.
- Ça a disparu aussi.
- Donc je me suis dit, il faut vraiment qu'on refasse vivre l'agriculture de ces coteaux.
- Aujourd'hui, vous avez inversé.
- 4,5 hectares de roses anciennes, à parfum, en agroforesterie.
- Vous produisez de l'hydrolat de roses, des sirops, des gelées.
- Vous êtes installée depuis 2023.
- Et pourquoi avoir choisi justement la rose comestible ? C'est justement par rapport à ses souvenirs d'enfance, le fait que plus personne n'en cultivait en France ? Oui, c'est ses souvenirs d'enfance.
- C'est le fait aussi que je suis très gourmande.
- J'ai habité dans l'univers des pâtissiers dès l'enfance.
- Et alors, je trouvais que l'odeur délicieuse des roses anciennes du jardin de ma grand-mère n'avait rien à voir avec les arômes de synthèse qu'on colle à la rose partout.
- C'est assez à la mode, mais ça sent le savon.
- Et je me disais, quand on sent une rose, elle ne sent pas le savon.
- Et alors, j'ai commencé à faire des recherches, à faire des tests de distillation.
- Parce que pour extraire son arôme, il faut la distiller dans des alambics.
- Et je me suis rendue compte que ces roses anciennes, en fait, elles avaient un parfum sucré.
- Elles sentent le litchi.
- Elles sentent la framboise.
- Elles sont délicieuses.
- Simplement, on les a délaissées...
Transcription générée par IA