Retranscription des premières minutes :
- 14h-16h, Brigitte Lahaye, Sud Radio.
- Et c'est vrai qu'ils me racontaient l'autre jour que ces patients ont souvent du mal à exprimer.
- Alors du coup, ils utilisaient un mot à la place de l'autre.
- Et ça fait une communication complexe, notamment avec leur partenaire.
- Donc je vous propose qu'on fasse un peu le tour de tous les mots qui existent pour parler de notre sexualité.
- Alors d'abord, c'est important d'utiliser le bon mot.
- Par exemple, il vaut mieux dire à sa partenaire « j'ai envie de toi » que de lui dire « j'ai besoin de faire l'amour ».
- On peut imaginer évidemment que deux sujets.
- Elle passe à objet et ce n'est pas terrible.
- De même, il ne faut pas confondre son excitation avec son désir et encore moins avec sa pulsion.
- Et puis ensuite, il y a aussi tous les petits mots du sexe qui parfois sont vécus totalement différemment.
- Par exemple, dire à une femme « qu'est-ce que j'aime ta chatte », ça peut être excitant, mais ça peut aussi la choquer.
- Donc on voit bien qu'on n'aura pas assez de ces deux heures pour examiner tout le langage intime qui est à notre disposition.
- Et donc je vous invite à venir nous en parler.
- Justement, quels sont les mots que vous aimez ? Les mots que vous n'aimez pas ? Est-ce que vous avez parfois une difficulté à comprendre ce que signifie tel ou tel mot ? Notre numéro 0 826 300 300.
- Et notre interprète, Philippe Harlin, sexothérapeute.
- Bonjour.
- Bonjour Brigitte.
- Oui, c'est vrai, il y a beaucoup à dire sur ce sujet.
- Il y a beaucoup à dire parce que ça a été un sujet qui était tabou.
- Donc quand quelque chose est tabou, on cache derrière des petits pseudonymes.
- Par exemple, sur le sexe de la femme, la chatte, on n'est pas capable d'appeler ça.
- Un sexe féminin.
- Je ne dis pas que c'est poétique, mais on a du mal à mettre un mot.
- Déjà, le mot vagin, il n'y a pas grand monde qui l'utilise.
- Exactement.
- Comme si c'était, enfin je ne sais pas, un mystère.
- Oui.
- Non mais c'est vrai, vous entendez une femme qui va parler de...
- Très rarement.
- Est-ce que vos patientes vont...
- Très rarement.
- À la limite, un peu de leur vulve, de leurs lèvres.
- Clitoris, alors ça c'est devenu...
- Oui, mais c'est devenu, et c'est peut-être pas plus mal, mais ce n'est pas le seul organe sexuel féminin.
- Vagin, assez rarement.
- Ou alors dans des raisons médicales.
- Le vagin a une conception médicale du corps.
- Donc voilà, ça c'est un exemple.
- Et c'est vrai, dans les mots que vous reprenez, je pense qu'il y aura beaucoup à dire sur être capable de faire la différence entre être excité, avoir envie, subir une pulsion, enfin subir, être dans une pulsion, etc.
- Voilà, il y a différents degrés dans notre excitation qui ne parlent pas toujours.
- Ça aussi, il faut qu'on puisse le dire.
- Et donc, en fonction des mots qu'on utilise, on ne parle pas de la même chose.
- Et si on commence à utiliser n'importe quel mot pour parler juste d'avoir envie de faire l'amour, déjà, on n'est plus au bon endroit.
- C'est comme exactement ce que vous illustriez, avoir besoin d'eux.
- Déjà, on pourrait faire une émission entière sur la sexualité est-elle un besoin au sens le plus vital du terme ? Évidemment non.
- Après, ça peut vraiment être un besoin.
- Donc, je pense que d'être capable de nommer les choses peut aider à mieux les comprendre et à mieux les vivre.
- Donc, c'est un peu le but.
- Et puis, effectivement, dans la sexualité, dans l'acte, les mots qu'on va poser, les diminutifs, ne sont pas toujours aidants.
- Et puis, il y a des expressions qui veulent bien dire ce qu'elles veulent dire.
- Quand on dit faire l'amour, c'est une chose.
- Quand on dit tirer un coup, ce n'est pas tout à fait...
- Je ne sais pas, je n'imagine pas le même acte, moi.
- Ou baiser, parce que c'est quand même un terme qu'on utilise beaucoup.
- Ça ne dit pas la même chose.
- Voilà, on est plus ou moins du côté de l'animal.
- Et...
Transcription générée par IA