L’épreuve de force commence entre Emmanuel Macron et les syndicats

Le mouvement social des cheminots est suivi de très près par l’exécutif, avec une volonté d’Emmanuel Macron de ne rien lâcher et de préserver son timing des réformes.

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La consigne donnée par Macron, c’est la dureté absolue ! Disons les choses comme elles sont : s’il donne le sentiment que les syndicats réussissent à le contrer, ce ne sera ni plus ni moins que le dépôt de bilan de son quinquennat. C’est donc plus la bataille de l’opinion que du rail pour l’instant, pour la simple raison que la date d’ouverture à la concurrence est fixée à 2019 avec les premiers appels d’offre. En ce moment-même, les syndicats discutent de son application. Ils le savent bien, la CGT en premier lieu : il y aura ouverture à la concurrence.

L’Élysée, elle, se montre sensible à la perception des Français d’une certaine confusion dans la logique des projets. De gouvernements en gouvernements, on a toujours un peu de mal à bien communiquer son positionnement, toujours un peu sur la défensive par rapport à ce que disent les syndicats. Les arguments sont aujourd’hui un peu donnés en bouquets, d’Élisabeth Borne aux membres de la majorité comme encore ce matin avec Marlène Schiappa : "la grève est inutile", "la gréviculture est la marque de la France", etc. On voit bien que le gouvernement recherche un effet de levier avec l’exaspération des voyageurs qui vont être empêchés dans leurs activités.

Emmanuel Macron, lui, a joué au tennis au Touquet ce week-end ! On se doute bien que le président n’allait pas rester cloîtré trois jours dans sa maison au Touquet. Il est sorti, il a couru, il a joué au tennis… Premier message : le Président entretient sa forme. Ensuite, c’est une manière de dire "chacun sa place" ! Le gouvernement et la SNCF discutent avec les syndicats de quelques aménagements qui ne seront en rien des reculs sur le fond.

Le sujet principal, au fond, c’est de savoir si les mécontentements seront coalisés ou pas. Les universités en ébullition sont vraiment considérés comme un dossier à surveiller. Mais surtout, ce qu’explique Macron à ses équipes, c’est qu’il ne doit pas perdre le sens de son timing, et que ses projets de réforme ou de transformation doivent continuer ! Il veut faire passer tous ses projets de grande transformation avant la fin 2018. Il fera d’ailleurs un bilan-étape lors du discours devant le Congrès réuni en juillet.

Autre élément important pour l’exécutif : les Français ne ressentiront pas les premiers effets des politiques publiques sur leur pouvoir d’achat avant le mois d’octobre. Pour l’heure, ils sont encore dans l’attente de l’effet de ces politiques. Eux aussi ont posé leur système du en même temps. Ils sont en même temps patients et impatients. Nous verrons dans quelle direction ils dirigeront leur impatience, vers le gouvernement ou les syndicats. Pour la patience, ils vont en avoir à revendre car il en faudra beaucoup sur les quais et dans les aéroports…

Réécoutez en podcast l’édito de Michaël Darmon dans le Grand Matin Sud Radio