La crise politique en Italie, une difficulté aussi pour Emmanuel Macron

La troisième puissance européenne qui bascule aux mains des populistes représente une difficulté pour le président de la République, à un an des élections européennes, premier rendez-vous électoral depuis son arrivée à l'Élysée.

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Il est bien loin le temps où Matteo Renzi, et d’autres dirigeants européens, venaient discrètement pour des séances de travail à l’Élysée.

C’était en 2017, quand tout paraissait possible en Europe, quand le nouveau président français travaillait à la création d’un nouveau bloc progressiste européen pour refaire, recommencer l’exploit des marcheurs français.

Le PR français devenait le nouveau symbole de la relance européenne. Mais tout a changé. Depuis le discours de la Sorbonne, après une tournée européenne, tout s’est grippé. Allemagne, migrants, populistes, régimes illibéraux, sont montés en force et ça devient de plus en plus compliqué.

Nouvelle mésaventure, l’Italie, qui a donné la majorité aux populistes. La troisième puissance européenne entre dans une longue période d’incertitude.

Là, on voit bien que ça commence à inquiéter l’exécutif français. Macron se met désormais à parler d’Europe en France, parce qu’il y a danger pour les prochaines élections européennes.

C’est pour l’instant une élection sans candidat. Laurent Wauquiez ne veut pas y aller, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon non plus, Benoît Hamon est incertain. Tous ces responsables qui ont d’autres échéances en tête ne veulent pas prendre le risque de l’échec ou de la contre-performance.

Il n’y a que pour les socialistes que le commissaire européen Pierre Moscovici souhaiterait conduire la liste, mais on a l’impression que le PS ne le souhaite pas beaucoup. Ça peut poser un problème parce que peut-être qu’Olivier Faure serait obligé d’y aller lui-même, avec tout le risque de concentrer sur lui les risques d’une défaite. Ça donne d’ailleurs des sueurs froides aux dirigeants du parti.

À l’Élysée, ces paramètres sont suivis de très près. Un conseiller présidentiel me confiait, il y a quelques jours, qu’il est ‘clair que cette campagne se fera avec le président, il s’engage tellement sur le sujet qu’il ne va pas rester en retrait’.

On le voit, la période du mandat sans élection va se terminer, toutes les forces politiques se préparent à reprendre le combat et le rythme du quinquennat passe à la vitesse supérieure.

Écoutez la chronique de Michaël Darmon dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard