Le train pourrait-il (re)devenir une alternative crédible à l’avion pour voyager en Europe ? Le Parlement européen va dans ce sens. Ce mardi 20 octobre, un rapport appelant à accélérer la création d’un véritable réseau ferroviaire à grande vitesse entre les pays de l’Union européenne a été adopté à une très large majorité.
Paris-Madrid en 6 h, Paris-Rome en 8 h 45
Parmi les objectifs les plus marquants, le trajet entre Paris et Madrid pourrait être ramené à six heures. Pour le moment, pour rallier la capitale espagnole, il faut rester assis au minimum 10 h 10 et effectuer un changement. Autre liaison concernée : Paris-Rome, dont le temps de parcours passerait de 10 h 50 actuellement à 8 h 45.
Le plan présenté par la Commission européenne en novembre 2025 prévoyait déjà plusieurs améliorations à travers le continent : Berlin-Copenhague, par exemple, avec quatre heures à l’horizon 2030, contre sept heures actuellement. L’évolution la plus marquante concerne Sofia-Athènes. On parle de six heures en 2035, contre 13 h 40 à ce jour. Le plan prévoit aussi de relier Lisbonne à Madrid en trois heures. Cette nouvelle connexion doit permettre, à terme, de voyager de Paris à Lisbonne via Madrid d’ici à 2035.
Réduire « la dépendance aux combustibles fossiles »
L’objectif est, selon le rapporteur Vicent Marzà Ibáñez, de permettre « un transfert massif des déplacements de voyageurs de l’avion vers le train ». Le but étant de réduire « la dépendance aux combustibles fossiles, créer des emplois de qualité et renforcer considérablement notre autonomie stratégique ».
Pour concrétiser ces ambitions, l’Union européenne devra financer de nouvelles infrastructures et moderniser les lignes existantes. Le Parlement demande que le prochain budget européen, couvrant la période 2028-2034, prévoie des financements suffisants et spécifiquement consacrés au développement du réseau à grande vitesse.
Un projet à plus de 345 milliards d’euros ?
Les eurodéputés insistent aussi sur le prix des billets. Ils réclament une tarification plus transparente, des offres abordables et des systèmes de réservation permettant de comparer plus facilement les trajets internationaux. Alors toutes ces demandes peuvent-elles permettre de convaincre ?
Il faut tout de même préciser que ce projet a un prix et il devrait donc coûter au moins 345 milliards d’euros d’ici à 2040, selon la direction générale de la mobilité et des transports de l’Union européenne. C’est ce qu’elle avait indiqué dans un article publié à l’issue du dialogue entre les investisseurs et la Commission européenne, le 25 juin 2026.