éditorial

L'édito de Jean-Baptiste Giraud

A propos...

Après 10 ans à BFMTV, il fonde l’hebdomadaire économique gratuit Economie Matin en 2004. Après l’avoir vendu, il le relance en pure-player en 2012. Il est également l’auteur d’une dizaine d’ouvrages e...
Jean-Baptiste Giraud ©Anthony Ghnassia
Economie

Emmanuel Macron évoque le "pognon dingue" qui passe dans les aides sociales

Emmanuel Macron

Dans une vidéo postée sur Internet, le président de la République évoque le discours qu'il doit prononcer aujourd'hui devant les assureurs et les mutuelles. Et laisse entendre qu'il souhaite réformer les minimas sociaux.

La vidéo a déjà commencé à faire le buzz.

Emmanuel Macron préparant le discours qu’il prononcera tout à l’heure à Montpellier devant les assureurs et mutuelles. Une vidéo postée sur Twitter par sa directrice de la communication, Sibeth Ndiaye.

 

 

On y entend notamment le président sur la question : "On met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif. On doit donc mieux prévenir, ça nous coûtera moins, et on doit mieux responsabiliser tous les acteurs. On met un pognon de dingue dans les minimas sociaux et les gens sont quand même pauvres..."

Un pognon dingue, donc, puisqu'on parle de 28 milliards d’euros en 2017 et, cette année, peut-être 30 milliards.

La somme est conséquente. C’est près de la moitié de ce que rapporte l’impôt sur le revenu. Mais ce qui énerve Emmanuel Macron, c’est sans doute moins le montant que l’explosion de la dépense. Il y a 10 ans, elles coûtaient “seulement” 17 milliards d’euros. Aujourd’hui, c’est donc près du double.

Tout d’abord, cette explosion s'explique parce que le nombre d’allocataires des minimas sociaux augmente chaque année, et encore, on est loin d’avoir atteint le sommet. Régulièrement, des études montrent que 20 à 30 % des ayants-droits de telle ou telle aide ignorent qu’ils peuvent la toucher, ou encore, n’ont pas déposé de demande, parfois, signalons-le, volontairement.

Il n’empêche, les minimas sociaux pourraient donc coûter encore plus si tous les ayant-droits les recevaient automatiquement comme c’est actuellement en projet !

Et puis, il y a une autre raison à cette explosion : la revalorisation de certaines de ces aides. Et là, Emmanuel Macron ne peut pas se défausser sur ses prédécesseurs car à son arrivée, il a aussi augmenté certains minimas sociaux comme l’allocation adulte handicapé de 50 euros cette année et 40 euros l’an prochain.

Manifestement, à écouter son projet de discours, Emmanuel Macron veut réformer les minimas sociaux. Ça tombe bien, il y a déjà un projet, signé par la Cour des comptes qui consisterait à les regrouper en 3 catégories : le RSA serait l’allocation standard, à laquelle s’ajouteraient, le cas échéant, l’allocation adulte handicapé ou encore l’ASPA, l’allocation de soutien aux personnes âgées.

Écoutez la chronique de Jean-Baptiste Giraud dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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