Travailleurs sociaux : "Certains disent qu'il y en a 4 millions en France"

Raymond Taube, fondateur en 1997 de l'Institut de droit pratique (IDP), formateur des travailleurs sociaux depuis 25 ans, auteur de “Travailleurs sociaux : à quand une vraie reconnaissance ?” (Editions du Cherche Midi), était l’invité de “Bercoff dans tous ses états".

travailleurs sociaux
Raymond Taube, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

"Je ne sais pas si je peux donner une définition claire de ce que sont les travailleurs sociaux", explique Raymond Taube. "Dans cette catégorie, il y a des métiers qualifiés, qui sont des formations diplômantes comme assistant de service social. Il faut dire assistante sociale, parce que la grande majorité sont des femmes. Les éducateurs spécialisés, c’est d’ailleurs le seul métier dans le social où les hommes sont majoritaires, s’occupent notamment des mineurs, des enfants qui ont des problèmes d’assistance éducative", ajoute-t-il.

"Il y a des conseillers ou conseillères en économie sociale et familiale. Vous avez aussi des assistantes maternelles. Si on prend les métiers qui sont basés sur des diplômes, ça représente environ 1,3 million de personnes d’après la nomenclature officielle. Certains disent qu’il y en a deux, trois, voire quatre millions de travailleurs sociaux", explique-t-il au micro de Sud Radio.

 

Travailleurs sociaux : Ils "se battent pour essayer de maintenir le droit des personnes"

"Finalement quand vous êtes bénévole d’une association, vous faites du social. Ensuite se pose la question, est-ce que lorsqu’on est cadre d’un service social, donc on est plus en contact direct avec l’usager, est on encore travailleur social ?", se demande Raymond Taube. "On avait applaudis, quand on parle de reconnaissance, les soignants à l’époque du Covid. C’est vrai que les travailleurs sociaux, j’en connais quelques uns, dans les hôpitaux notamment, qui portaient également une partie de cette charge et de ces difficultés".

"La justice avait par exemple baissé le rideau lors du confinement et ne fonctionnait plus. Or vous aviez des gens dans les hôpitaux dont il faut maintenir les droits ou permettre d'accéder à des droits lorsque ces personnes sont dépendantes, lorsqu’il faut les mettre sous tutelles ou sous curatelle. Lorsque le tribunal est tout simplement fermé, ce sont ces assistantes sociales qui se battent pour essayer de maintenir le droit des personnes", juge Raymond Taube.

 

"Toute la laïcité à la française aurait volé en éclat"

"Il y a une affaire dans le milieu des travailleurs sociaux qui a été beaucoup médiatisée, c’est celle de la crèche Babilou mais on ne va pas y revenir, ce n’est qu’accessoire aujourd’hui. Mais il y en a une qui est très intéressante, dont on n’a pas parlé, dans un hôpital psychiatrique de Nanterre, une assistante sociale contractuelle refusait d’ôter son voile", explique-t-il. "Elle a été sanctionnée pour cela, elle a épuisé toutes les voies de recours internes et s’est retrouvée devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme".

"Elle est allée jusqu’au bout du parcours judiciaire considérant qu’interdire l’expression religieuse dans les services publics était contraire à la Convention européenne des droits de l’Homme. Cet arrêt est très intéressant et la laïcité à la française aurait pu basculer", juge l’auteur de Travailleurs sociaux : à quand une vraie reconnaissance ?. "Si la Cour européenne, qui est quand même de droit européen, plus d’essence anglo-saxonne que Française, avait décidé d’imposer dans le service public la neutralité religieuse, toute la laïcité à la française aurait volé en éclat".

 

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