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"Il n'y a pas de cadeaux aux entreprises", affirme Lionel Roques

Par Adélaïde Motte

Entreprises et valeur travail : André Bercoff en parle avec Lionel Roques sur Sud Radio le 28 février 2024.

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Lionel Roques invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Lionel Roques, président-fondateur de Franco-European, groupe d'événementiel et auteur de Laissez-nous bosser, éd. de l'Observatoire

"L'entreprise c'est un sport collectif, le dernier ascenseur social"

Lionel Roques est loin de croire que tout est perdu. "Il y a plein de raisons d'être optimiste, si vous êtes pas optimiste, vous êtes pas entrepreneur." En revanche, pour tirer du tissu entrepreneurial son plein potentiel, il faut cesser d'ignorer les entreprises et de dénigrer le travail. "Les PME sont ignorées, ça va un peu avec les classes moyennes, on en parle beaucoup mais en fait tout le monde s'en fiche." "C'est quoi une entreprise, c'est une unité qui a des salariés, il faudrait qu'on commence à intégrer cet élément. Une entreprise ça paie des impôts, ça paie des charges, ça délivre un produit ou un service à une clientèle, ça doit gagner de l'argent, c'est ce qui lui permet d'avoir des fonds propres, d'investir."

Pour Lionel Roques, le concept de "start-up nation" représente "exactement le contraire", puisque c'est un concept individualiste : "le télétravail est la résultante de la start-up nation qui génère un 'moi je'. L'entreprise c'est un sport collectif, le dernier ascenseur social, le dernier lieu où il y a du lien social, en-dehors de l'entreprise on ne fréquente que des gens qui nous ressemblent, le vivre-ensemble ne passe plus que par l'entreprise." Cet individualisme entraîne aussi le célèbre "droit à la paresse". "Quand quelqu'un fait fonctionner son droit à la paresse il y a une autre personne qui doit bosser derrière", rappelle Lionel Roques.

"Tout le verbatim sur les entreprises est géré par la Nupes"

"Tout le verbatim sur les entreprises est géré par la Nupes", regrette Lionel Roques, qui affirme que "ce que l'on vous donne d'un côté on le retire de l'autre. Il n'y a pas de cadeaux aux entreprises, c'est juste qu'ils ont tellement pris qu'après ils se disent on va refaire un outil bureaucratique pour rendre une partie." Or, ces outils bureaucratiques profitent d'abord aux grands groupes. "Les grands groupes sont plus à même de répondre à ça parce qu'ils ont des services complets pour ça, ce qui est assez logique. C'est pareil sur la fiscalité, si vous faites votre déclaration d'impôt normalement la France n'est pas un paradis fiscal."

Les entreprises sont donc écrasées par les impôts et "ça pose problème car qui paie au final ces impôts ? C'est les salariés." "Nos salariés sont mal payés et nous coûtent trop cher, quand un salarié gagne 2.000 euros net et qu'il nous coûte 4.000 euros le dialogue est quasiment impossible." "Ceux qui bossent doivent gagner plus, de toutes façons on y arrivera forcément, il faudra y arriver", prévient Lionel Roques, pour qui, "on va avoir besoin de travailler, et même de travailler plus, en tout cas plus efficacement."

"Les classes moyennes vont faire la grève du zèle"

Pour Lionel Roques, il est urgent de reconsidérer le travail car "on n'est pas loin d'avoir un gros crack. Les classes moyennes qui bossent dur commencent à en avoir ras-le-bol, elles vont faire la grève du zèle." Cela se traduira par "moi je vais respecter exactement mes horaires, moi je vais me mettre en arrêt maladie. C'est un gars qui à 60 ans dit 'je n'essaie même pas de vendre ma boîte, je récupère ce qu'il y a dans la société et je la laisse mourir'." C'est "une classe moyenne qui est méritante, qui a joué le jeu de tout, à chaque fois c'est eux qui bossent, c'est eux qui ont cette conscience professionnelle. Il faut les reconnaître et pour les reconnaître il faut qu'ils soient mieux payés."

Pour cela, il faut "que ce pays se mette enfin à préférer ceux qui font à ceux qui parlent", car ces derniers ne connaissent pas la réalité du terrain. "Le télétravail est déjà ringard, mais eux ils pensent que le télétravail c'est bien." Surtout, "il faut taper à la hache sur la bureaucratie. La bureaucratie coûte des fortunes et rend le boulot inintéressant, l'Etat a la même problématique." Lionel Roques estime également important de "supprimer tout droit de succession sur les entreprises, parce qu'au final c'est payé par les salariés."

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff du lundi au jeudi  à 13h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.

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