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Le con, symbole de la médiocrité ambiante ?

"Quand on est con, on est con" chantait Georges Brassens. Le dîner de cons. Le mur des cons du syndicat de la magistrature. Que se cache-t-il derrière cette faculté de fustiger ceux que l’on nomme ainsi ? Un snobisme populaire, pour Luca Di Gregorio. Le con, du vagin à l’insulte "Au départ, le mot est […]

Luca Di Gregorio, sur la notion de con, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.
Luca Di Gregorio, sur la notion de con, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

"Quand on est con, on est con" chantait Georges Brassens. Le dîner de cons. Le mur des cons du syndicat de la magistrature. Que se cache-t-il derrière cette faculté de fustiger ceux que l’on nomme ainsi ? Un snobisme populaire, pour Luca Di Gregorio.

Le con, du vagin à l’insulte

"Au départ, le mot est sexuel. L’origine latine, c’est le mot cunus, qui désigne le vagin. Ce mot va être transposé assez rapidement en ancien français au Moyen-Âge, en con. C’est dans le Roman de la Rose que l’on trouve la première attestation du mot con en langue vulgaire. L’insulte est plus récente. C’est l’affaire du XIXème siècle. Au début de manière intime, puis ensuite dans l’imprimerie autour du XXème siècle", explique l’enseignant Luca Di Gregorio sur Sud Radio.

Aujourd’hui, c’est sans doute le mot le plus utilisé de la langue française. "L’hypothèse que je fais dans le livre, c’est qu’un moment important s’est joué au moment de la Seconde Guerre mondiale, avec une expérience générationnelle très particulière. On a une grappe d’auteurs proches de leur date de naissance : Audiard en 1920, Brassens en 1921. Ils partagent globalement le fait d’avoir vécu une espèce de guerre manquée à l’âge de 20 ans. Ils n’étaient ni franchement résistants, ni d’affreux collaborateurs. Et ils ont subi la guerre, mais sans en retirer de bénéfice particulier", ajoute Luca Di Gregorio. "Dans ce contexte-là, c’est une période très bousculée en politique. Cela a provoqué chez eux une espèce de dégoût, et la France est devenue un pays de cons".

Désigner une forme de médiocrité ambiante

D’où vient la définition du con, en tant qu’insulte ? "C’est la question la plus compliquée. À l’époque, ce que la connerie désigne, c’est une forme de médiocrité ambiante. Ce n’est pas une classe sociale particulière. C’est un rejet de tout ce qui est médiocre. Le con n’est pas dans le coup, il n’est pas affranchi, il participe d’une médiocrité de masse. Traiter quelqu’un de con, c’est utiliser un terme populaire. Qui depuis les parlers populaires, sert à distinguer le bon grain de l’ivraie", lance Luca Di Gregorio.

"Traiter quelqu’un de con, c’est avoir une attitude ambivalente. C’est une forme d’aristocratie qui se distingue de la médiocrité. Et c’est en même temps avoir un ancrage populaire", conclut Luca Di Gregorio sur Sud Radio. Et de là, la question shakespearienne du sujet du jour : "est-on toujours le con de quelqu’un d’autre ?"

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff du lundi au jeudi  à 13h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.
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