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Identité française : "Il y a un problème de fracture totale entre le peuple et son élite"

Par Adélaïde Motte

Dissensions entre le peuple et les institutions : André Bercoff en parle avec Fabrice Haccoun sur Sud Radio le 29 janvier 2024.

peuple
Fabrice Haccoun, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Fabrice Haccoun, auteur de Rallumons les lumières, éditions de l’Archipel, rappelle avec André Bercoff l'importance de rassembler le peuple français autour de leur système de valeurs.

"On a besoin de renouer avec l'identité française"

Pour Fabrice Haccoun, "une culture se construit strate par strate" tant et si bien que "ça finit par se déliter, par s'étioler" et "on finit par oublier les pères fondateurs." Aujourd'hui, "on a fondamentalement besoin de renouer avec l'identité française". "C'est pas une identité génétique, ceux qui pensent que nos ancêtres sont les Gaulois, c'est une image. Ce qui fait que j'appartiens à l'identité française, c'est que j'appartiens à un système de valeurs."

"Vous avez une valeur essentielle qui est la liberté, qu'on a complètement perdue, c'est la valeur qui permet aux autres de s'exercer. On a vu comme le régalien est battu en brèche, il faut que l'État se concentre sur le régalien et qu'on laisse les Français un peu libres." On constatera alors que les Français ont une "faculté extraordinaire de bâtir avec les autres". "On vit dans un pays qui est d'une extraordinaire solidarité, c'est le pays le moins raciste qui soit, c'est le plus beau pays du monde."

"Une partie de cette gauche instrumentalise, divise, segmente"

Pour rallumer les lumières, il faut d'abord sortir du communautarisme. Pour autant, Fabrice Haccoun considère que "ceux qui se vautrent dans le communautarisme n'ont fait qu'occuper une place laissée libre". "Ils ont un intérêt ; leur fonds de commerce, c'est la division. Vous voyez bien que dans ce camp politique, une partie de cette gauche instrumentalise, divise, segmente. C'est un marketing de segmentation ; en politique, quand on segmente, on divise."

"Le combat contre le communautarisme, je ne le mène pas sur le terrain religieux, c'est une erreur parce qu'on instrumentalise la laïcité". "Chez nous, ce n'est pas la religion qui fédère, c'est l'adhésion à un système de valeurs, c'est le système issu de l'universalisme des lumières." Les valeurs française : liberté, égalité et fraternité, sont importantes et "ce n'est pas parce qu'on n'a pas bien fait de les imposer ailleurs qu'on doit renoncer à les imposer chez nous", affirme Fabrice Haccoun, faisant référence à la colonisation, qu'il considère comme une "erreur phénoménale" et "un prétexte". "Il faut imposer, en premier lieu à l'école, une restauration de ces valeurs-là", mais la tâche s'annonce difficile car "l'universalisme que je dénonce aujourd'hui est parti des écoles et des universités."

"Dans ce pays, on n'écoute pas le peuple"

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la France ne prend pas le chemin de rallumer les lumières. "Le sursaut se fait surtout à travers les crises, le peuple français a besoin parfois de prendre le mur pour agir." Le sursaut pourrait pourtant venir car "il y a un très gros problème d'écoute du peuple dans ce pays. On n'écoute pas le peuple, il y a un problème de fracture totale entre le peuple et son élite, du fait d'un système institutionnel qui ne fait plus le lien entre le scrutin, les institutions et le peuple." Pour autant, "on est dans une société qui accepte de moins en moins bien le conflit, la contrainte."

Alors à quand la goutte d'eau qui fera déborder le vase ? "On est en train de monter le bord du vase au fur et à mesure que l'eau monte grâce à des fonds publics. C'est une erreur fondamentale, on ne fait que retarder l'échéance et refiler la patate chaude aux prochains." La situation continuera à empirer "tant qu'on n'aura pas un Président et une majorité qui n'auront pas ce sens de la France et qui ne sauront pas se sacrifier pour la France". "La difficulté en France, c'est que très peu de politiques organisent leur succession, de façon à ce qu'il n'y ait jamais de vacance. La première chose qu'ils font, c'est de ne garder que les mauvais, de virer tous ceux qui font de l'ombre. Un septennat unique, ça pourrait être pas mal dans ce sens-là."

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff du lundi au jeudi  à 13h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.

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