Claude Lelouch : "La musique parle à votre part d’éternité"

Le réalisateur Claude Lelouch, qui s'apprête à fêter son 85e anniversaire le 30 octobre 2022, était l'invité de "Bercoff dans tous ses états".

Claude Lelouch
Claude Lelouch, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Claude Lelouch a tout d’abord expliqué toujours se fier à son instinct. "Je ne suis pas assez savant pour me permettre de ne pas être superstitieux. Mon intelligence a peur de tout, tandis que mon instinct a tous les courages. Le hasard a fait de moi un homme courageux, il m’a embarqué dans des situations où mon intelligence aurait eu la trouille."

 

Claude Lelouch : "Chacun de mes films a inventé celui d’après"

"Je pense que chacun des films a inventé celui d’après. Chaque film est le négatif du précédent. Tout ce qui vous fait mal à un moment donné fait tellement mal qu’on a envie de changer les choses. Mes plus grands succès sont mes plus grands échecs. Tout ce que j’ai réussi dans la vie, je l’ai d’abord raté. Aujourd’hui je sais que tout doit passer par la souffrance, et ce n’est pas avec de l’argent qu’on le paie.

Avant Un homme et une femme j’ai fait 6 films boiteux. Je me suis dit : allez, je vais faire un film pour me faire plaisir, pour dire au revoir au cinéma. J’ai donc fait un film avec ce qui me restait, parce que j’étais au bord de la faillite après 'Les Grands moments'", a confié Claude Lelouch.

"La musique va mettre de l’irrationnel dans un film"

Claude Lelouch est revenu longuement sur l’importance de la musique. "La musique est le langage de Dieu en quelque sorte. C’est un langage universel. Un enfant qui sort de sa mère peut écouter de la musique. Il ne peut pas écouter un discours. On peut accéder à la musique sans culture préalable. La musique parle à votre part d’éternité, votre inconscient, elle ne parle pas à votre intelligence. Et la musique, c’est toujours quelque chose de magique qui vous fait décoller. Moi, je décolle avec la musique. Alors qu’avec les discours politiques j’ai envie de m’enterrer. La musique, c’est le médicament que je prends en premier quand j’ai un coup de blues. La musique va mettre de l’irrationnel dans mon film. Le rationnel me fait peur. La vie est un jeu, c’est un super Monopoly. Et le problème de tous les jeux, c’est les tricheurs. J’ai donc essayé de détecter au plus vite les tricheurs. C’est les plus sympas, les tricheurs. Les femmes adorent les tricheurs. Mais toutes les emmerdes viennent des tricheurs et des grincheux."

Le réalisateur a également raconté comment il travaille avec les compositeurs, dont bien sûr Francis Lai. "Je ne leur fais pas lire le film, je leur raconte le film. Ils m’écoutent pendant 2-3 heures. Francis Lai a été le premier spectateur de mon film sans images. S’il lit le texte, il va faire sa mise en scène à lui. Et moi, j’ai envie qu’il fasse ma mise en scène, le point de vue est très important dans une mise en scène. Et donc, un jour je viens, et il me joue mon film. On quitte le monde du rationnel pour rejoindre l’irrationnel. Et donc a fait 35 films ensemble. Et si on a fait 35 films ensemble, ce n’est pas un hasard, c’est parce qu’on a rêvé 35 fois."

 

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Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 12h30 dans "Bercoff dans tous ses états" Sud Radio.